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Notre mur de la honte

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La clôture qui longe le boulevard L'Acadie et... (Photo: André Pichette, La Presse)

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La clôture qui longe le boulevard L'Acadie et qui sépare la Ville Mont-Royal et le quartier Parc-Extension.

Photo: André Pichette, La Presse

(Lisa Djevahirdjian) J'ai lu avec grand intérêt dans La Presse la série sur ces murs qui séparent encore aujourd'hui des peuples et des États. Ces remparts érigés de par le monde pour diviser des populations au nom de la sécurité, mais qui, finalement, renforcent les préjugés et attisent les tensions.

Nous ne sommes pas à l'abri de ces clivages ici même à Montréal. Je veux parler d'un mur qui fragmente deux parties de notre ville, de notre société : la clôture qui longe le boulevard L'Acadie et qui sépare la Ville Mont-Royal et le quartier Parc-Extension. La première, un oasis urbain pour gens nantis, le deuxième, un quartier populaire où vivent de nombreux nouveaux - et moins nouveaux - immigrants.

Cette muraille, ornée d'une haie bien entretenue, est perméable, et uniquement à pied, à seulement quelques endroits le long de ses presque deux kilomètres. Elle divise deux classes sociales et rappelle cruellement qu'un «vivre-ensemble» harmonieux est bien loin d'être atteint.

La Ville Mont-Royal qui s'est déjà dotée du titre de «cité modèle», est née d'une initiative de la Canadian Northern Railway, qui désirait établir une ville «idéale» au nord du mont Royal.

Cette image idyllique s'obscurcit lorsque l'on constate que cette cité modèle - «un havre de verdure en ville» - est réservée uniquement à ceux qui en ont les moyens. Et défendent jalousement leur territoire...

La preuve? La Ville de Mont-Royal a déjà cadenassé les quelques portes qui permettent la circulation piétonnière entre ces deux solitudes à l'occasion de l'Halloween, la fête enfantine par excellence! Démonstration effrayante que la ville pratique un isolationnisme, voire une ségrégation sociale, pour se «protéger» des «autres». Cette pratique odieuse a cessé grâce aux nombreuses critiques, mais le mur subsiste. Cette cicatrice est toujours visible et la plaie loin d'être pansée.

Cité modèle ou idéale dit-on? Cette fracture ne correspond pas à mon idéal. En tant que Montréalaise affligée par le spectacle de ces parois, j'ai honte.

Commentaires (10)
    • Je vois que certains ont compris, même s?ils ne veulent pas l?admettre. Ce n?est qu?une question de degré. Pensons aux lacs privés, par exemple. La notion de propriété privée est de plus en plus floue, certains n?y portent plus aucun respect. Que dit la police aux victimes d?invasion de domicile, par exemple: ?Ne résistez pas, donnez-leur tout ce qu?ils veulent?. Ils font parfois cet ajout hilarant: ?Appelez-nous après?! Comme si ça aurait de l?effet!

    • Moi j'ai grandis à Park Extension et quand j'allais faire un tour à ville mt-royal je pouvais me promener tranquillement.

      http://devolutionx.com/?p=143

    • Le RIN dénonçait déjà cette situation durant les années 60. Et rien n'a changé. Il en va de même pour de nombreux lacs du Québec où il interdit d'y pêcher ou d'y circuler en bateau...si vous n'êtes pas résident...
      C'est dégueulasse, et il en va de même pour la classe politique dominante.
      On a voté rouge...hé bin...on est dans le rouge !!!

    • Elle appartient à qui cette horrible et abjecte clôture? Une clôture de broche. Me semble que si on installait cette «écoeuranterie» maudite pour empêcher les gens de mon quartier de se rendre dans le quartier voisin, il y aurait de la révolte dans l'air. Organisez vous. Faite la démanteler ou défaite la.

      Gaston, réfléchis un peu. Sert toi de ta tête si tu en as une. Il y a une différence entre l'espace public et l'espace privé.

      Madame Djevahirdjian, des barrières de ce genre, il y en a des masses au Québec, autour des lacs. Ces lacs québécois appartenant aux Québécois avec parfois de luxueux chalets habitables à l'année et des terrains tout autour. Ces lacs dont l'accès est interdit aux non résidents de la municipalité où se trouve le lac par une association, par les riverains ou par la municipalité. On l'a vu hier à Radio-Canada.

      Abattons des barrières. Faisons taire les empêcheurs de circuler en rond ou en droit...

    • Tsk tsk, grave erreur intellectuelle. Il ne faut pas mélanger propriété privé et bien public. Même les églises et les organismes de bienfaisance ont des portes et des serrures. Par contre, aucun droit d'accès sélectif basé sur le revenu ou la race dans les lieux publics comme les parcs, les rues, etc. Sauf exception. Il doit bien y avoir une raison. Pensez-y un peu.

    • Monsieur, madame ou mademoiselle gasston il y a une importante différence entre un individu et une population. Qu'une personne décide de refuser l'accès à sa propriété, c'est une chose. Mais qu'une ville restreigne à l'aide d'un mur l'accès à ses routes et à ses parcs, c'est tout simplement inadmissible. Si "ghettoïser" une population est triste, se "ghettoïser" soi-même l'est davantage encore.

    • @ Gasston

      Vous avez tout à fait raison Gasston.

      Il y a aussi certaines personnes qui se construisent une barrière dans leur tête pour ainsi être certains que leur étroitesse d'esprit ne risque aucun intrusion!

      Si vous êtes de Montréal.... ca explique la clôture et bien d'autres choses! Mais pourquoi pas vivre en otarcie dans une banlieue du Nunavut?

      Si vous êtes de l'extérieur... profitez de toutes vos belles clôtures! Et restez-y!

    • J'ai grandi à VMR. Premièrement, la ville est peuplée à 40% d'immigrants. Fortunés, certe, mais immigrants quand même. Je me souviens surtout d'une criminalité gallopante aux abords de cette cloture. J'étais de ceux qui préféraient la voir barrée certains soirs "chauds". On peut la contourner, on peut arriver par n'importe lequel coté de VMR. Il n'est pas interdit à personne de vivre dans cette ville, ou d'utiliser ses parcs ou autre. Mais l'argument "eux-autres vs nous-autres les pauvres" on le connait depuis longtemps. Les propriétaires de maisons à VMR payent en moyenne 50% de leurs revenus en impôts, en plus de payer jusqu'à $10 000 d'impôts fonciers par année. Cet argent va SURTOUT à l'extérieur, en services pour les moins-bien nantis. Désolé, on donne en masse, ne venez pas nous faire la morale.

      Mais je dois admettre que la compréhension fait bien les choses, puisque j'ai éventuellement épousé...une femme venant de "l'autre coté" de cette clôture :-)

    • Peinant et honteux. On s'étonnera après des tensions sociales associées aux communautés d'immigrants.

    • Oui, quelle horreur cette clôture. Mais il y a pire. Il y a les ignobles banlieusards qui osent mettre une clôture autour de leur terrain. Les dégoutants locataires qui barrent la porte d?entrée de leur immeuble, et qui mettent une barrière autour de leur balcon. Qui sont-ils pour empêcher le pauvre peuple de venir chez eux?

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