Avant de lancer la pierre...

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Avant de lancer la pierre...

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Des fleurs ont été déposées près de l'endroit où la voiture a sombré à Kingston, en Ontario.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

 

Julie St-Hilaire

La tragédie de Kingston a déclenché, une fois de plus, des attaques provenant de toutes parts, contre les musulmans et l'islam, leurs moeurs et leurs coutumes, des gens qui proviennent de pays qui ne vivent pas et ne pensent pas comme nous, Occidentaux...

C'est tellement facile de les traiter de «barbares», «d'arriérés» et autres épithètes qui frôlent le racisme et l'intolérance, quand on sait qu'au Québec, notre merveilleux coin de pays soi-disant moderne et civilisé, les crimes sexuels tels l'inceste et la prostitution juvénile ne sont pas véritablement sanctionnés.

 

On n'a qu'à penser à Nathalie Simard, dont l'agresseur, Guy Cloutier, a reçu une véritable sentence-bonbon pour les horreurs qu'il a fait vivre à sa victime pendant de nombreuses années. Ou à Robert Gillet et compagnie, qui ont purgé des peines dans la communauté d'à peine quelques mois pour avoir été les clients d'un réseau de prostitution juvénile à Québec.

La Révolution tranquille s'est débarrassée de l'Église catholique pour la remplacer par l'État-providence de la gauche-caviar des années 60, qui reprochait à l'Église, et à ses prêtres et curés, de commettre divers sévices physiques et sexuels sur les enfants. Voilà qu'après 40 ans de laxisme judiciaire en matière de criminalité de toutes sortes, le Québec se retrouve maintenant et encore, avec des pédophiles et autres pervers sexuels qui abusent de nos enfants et à qui notre société ne donne qu'une petite tape sur les doigts chaque fois qu'ils sont reconnus coupables. Comme si, lorsqu'un crime sexuel n'est pas commis par un prêtre, ce n'est plus aussi grave, ni considéré avec le même mépris, ni la même colère que lorsqu'il s'agissait de l'Église catholique.

Le Québec est débordé de cas d'inceste et autres crimes contre les enfants. La DPJ, qui doit les prendre en charge à la place de leurs parents, ne fournit pas. Même les politiciens d'un parti qui prétend sans cesse défendre les intérêts du Québec à Ottawa, le Bloc québécois, ne sont pas capables de voter en faveur de mesures plus sévères dans le cas d'un des crimes sexuels les plus graves et les plus actuels, le trafic d'enfants.

Avant de lancer la pierre aux autres sociétés et aux autres peuples, le Québec a plus que jamais intérêt à faire son propre examen de conscience lorsqu'il s'agit de la protection de ses enfants, qui ne sont rien de moins que notre avenir à tous... Et c'est peut-être nous, les Québécois post-Révolution tranquille, qui sommes des «arriérés» et des «barbares», un peuple de lâches, incapable de bien traiter, et surtout défendre, sa progéniture.

L'auteure réside à Québec.

 

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