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La vie rock'n'roll d'une fille de la vieille école

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Julie Couillard

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Julie Couillard

Consultez notre dossier sur l'ancienne flamme de l'ex-ministre Maxime Bernier. »

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La vie rock\'n\'roll d\'une fille de la vieille école

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«Pendant un an, j'ai été la belle Julie, qui paraissait bien, qui était assez digne et distinguée pour accompagner monsieur dans les sorties, pour faire la conversation avec les ambassadeurs et même avec la première dame et le président des États-Unis. Et puis, du jour au lendemain, je suis devenue une putain, une escorte, la dernière des traînées, une honte ! Tout ça m'a profondément blessée», raconte Julie Couillard.

Photo: Alain Robege, La Presse

Nathalie Petrowski
La Presse

À quelques heures de la sortie de son autobiographie Mon histoire, Julie Couillard a accordé hier une entrevue à notre journaliste Nathalie Petrowski. Bien qu'elle ne soit pas très tendre envers son ex-conjoint Maxime Bernier, la jeune femme assure qu'il ne s'agit pas d'un règlement de comptes.

Même si dans son livre, Julie Couillard traite Maxime Bernier de benêt, d'irresponsable coureur de jupons, imbu de lui-même, plus vaniteux que 10 vedettes de cinéma, méprisant envers les électeurs de la Beauce et faisant preuve d'une étonnante paresse intellectuelle, elle refuse d'accréditer la thèse du règlement de comptes.

 

«Un règlement de comptes? Moi? Pas du tout. Je n'avais pas le choix d'écrire ce livre. J'ai 39 ans et si je voulais continuer à vivre ma vie, il fallait absolument que je rétablisse les faits et que je répare ma réputation détruite par un ramassis de ragots et de mensonges. On m'a traitée de tous les noms. On a dit que j'étais une danseuse nue, une tenancière de bordel qui avait forcé de jeunes immigrantes à se prostituer et quoi encore! Maintenant, c'est à mon tour de parler.»

L'espace d'un instant, le beau regard de Julie Couillard devient d'un froid bleuté et glacial, et puis la glace craque et le charme magnétique, presque hypnotique, de la femme la plus médiatisée de l'année refait surface.

Nous sommes assises à table dans une suite de l'hôtel Saint-Paul dans le Vieux-Montréal. Julie Couillard est arrivée ici la veille en prévision d'une journée complète d'entrevues, à quelques heures de la sortie de son livre Mon histoire, dont la rédaction a été confiée à Serge Rivest. Cet ex-journaliste de TVA et ex-rédacteur de discours pour Lucien Bouchard et Marcel Masse s'est acquitté de la difficile tâche d'écrire la vie de Julie comme si c'était la sienne avec beaucoup de verve et de vivacité.

Le silence qui tue

Dans la lumière crue du jour comme sur toutes ses photos, Julie Couillard est d'une beauté à couper le souffle. L'ovale du visage est parfait, les dents d'une blancheur aveuglante et son regard bleu est par moments d'une telle intensité qu'on pourrait s'y noyer. Ce matin, l'ex-petite amie du ministre Maxime Bernier a troqué sa fameuse robe au décolleté plongeant, achetée à la boutique BCBG et bougie d'allumage du scandale politique de l'année, contre une tenue sage: jersey crème sur une jupe droite gris anthracite qui lui donnent des airs de vestale moderne.

Elle ne porte pas de vernis à ongles, peu de bijoux et dégage une discrète élégance qui ne cadre pas avec toutes les épithètes - Mata Hari du 450, mante religieuse, croqueuse de diamants, pute, escorte, fille de gars de bicycle -, dont on l'a affublée. Je lui demande s'il y a une expression qu'elle a trouvée plus difficile à digérer que les autres. Elle me répond que toutes lui sont restées en travers de la gorge, dans un français toujours aussi approximatif et métissé d'anglicismes.

En même temps, lorsqu'elle s'est elle-même mise à manier les épithètes, elle n'a pas été particulièrement tendre à l'égard de Maxime Bernier. «C'est vrai que c'est raide ce que je dis sur lui, concède-t-elle, mais quand je pense à toutes les saletés qui ont été dites à mon sujet et que Maxime a endossées par son silence, je trouve qu'en fin de compte, j'ai été pas mal plus douce que lui. Moi, vous savez, je suis de la vieille école, j'aime les gentlemen. Pas les peureux ni les faiblards.»

La madone et la putain

Je lui demande si elle est encore en colère.

«Qui ne le serait pas? répond-elle. Pendant un an, j'ai été la belle Julie, qui paraissait bien, qui était assez digne et distinguée pour accompagner monsieur dans les soirées, pour faire la conversation avec des ambassadeurs et même avec la première dame et le président des États-Unis. Et puis, du jour au lendemain, je suis devenue une putain, une escorte, la dernière des traînées, une honte! Tout ça m'a profondément blessée. De la part de Maxime, mais aussi de sa garde rapprochée au gouvernement. Tous ces gens qui étaient pourtant heureux que j'accompagne Maxime dans ses fonctions et qui ont été la source des pires accusations. Quelle trahison!»

Pas un conte de fées

Curieux mélange de timidité et de détermination, de charme et de froid calcul, de pragmatisme et de mégalomanie, Julie Couillard est difficile à saisir. On voudrait la croire sur parole, mais sa propension à toujours blâmer les autres ou alors à trouver des vertus à des types louches et dangereux comme Tony Volpato, un caïd de la mafia, ou à excuser et à idéaliser le sympathisant des Hells Gilles Giguère, l'homme de sa vie, qui a fini dans un ravin, le corps criblé de balles, laissent à désirer. Idem pour sa facilité à fermer les yeux sur les épisodes les plus violents de la guerre des motards et à faire comme si cela n'avait jamais existé.

En même temps, sa propre vie n'a pas été un conte de fées. Deuxième fille d'un père alcoolique, instable et flambeur, elle est née à Ville-Émard, a connu une enfance en dents de scie, vivant au gré des revers de fortune de son père, tantôt dans une maison cossue de Lorraine, tantôt dans un logement minable de Ville-Émard où venait cogner un cortège d'huissiers. À l'aube de l'adolescence, à la suite de problèmes de concentration et de crises de panique, les médecins découvrent qu'elle est atteinte d'épilepsie, une maladie qu'elle combat avec des médicaments depuis ce temps-là.

Plus douée en affaires qu'en amour

Pour le reste, sa vie, du moins celle qui est racontée dans le livre, ressemble à une longue suite d'échecs aussi bien professionnels qu'amoureux où tout ce qu'elle touche semble se transformer en poisse. Quel regard pose-t-elle sur cette vie pour le moins rock'n'roll?

«Disons que c'est la vie d'une femme qui a essayé de faire sa place au soleil avec les moyens qu'elle avait et avec son système D, dans un monde d'hommes. Ça n'a pas été facile, mais j'ai fait mon chemin pareil, d'abord avec mon agence de mannequins, puis dans l'immobilier et dans la construction comme entrepreneur général. Je crois que j'ai toujours été plus douée pour les affaires que pour l'amour. En amour, on dirait que je manque de jugement. Je rêve mes mecs et je tombe en amour avec une image sans voir ce qu'ils sont vraiment.»

Ainsi en fut-il avec Maxime Bernier qui lui a été présenté un soir d'été au Cavalli, dans un souper organisé par l'entrepreneur de Kevlar, qui souhaitait obtenir un contrat du fédéral. Pour une rare fois de sa vie, Julie Couillard rencontrait un type respectable, qui n'était pas dans la mafia, pas affilié aux Hells, pas arnaqueur ni usurier, pas criblé de dettes et pas marié.

«J'ai-tu pensé que j'avais fait un bon coup? Mets-en! Je venais de rencontrer un beau gars de mon goût. Un ministre à part de ça! Je me suis dit, je l'ai-tu l'affaire! Ma mère va être contente quand je vais lui présenter. Elle l'a été pour un boutte. Puis, à mon grand désappointement, il a fallu que je tombe sur le plus fucké des ministres. Coudonc, on dirait que le mauvais sort me poursuit!»

Dans la suite, les éclats de rire fusent devant cette femme qui malgré les deuils, les échecs, les erreurs et les épreuves de la vie, n'a pas perdu son sens de l'humour ni de l'autodérision. Je la quitte en lui souhaitant de rencontrer quelqu'un de bien, non sans savoir que si jamais Julie Couillard rencontre cette perle rare, il n'est pas dit qu'elle la reconnaîtra.

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Commentaires (14)
    • katmandou

      03 octobre 2008
      11h19

      Je suis admiratif devant votre approche du «sujet». Au lieu d'essayer de lui arracher des morceaux de M. Bernier pour les jeter en pâture à vos lecteurs, vous présentez une certaine, mais distante compassion: vous essayez de comprendre. Moi aussi. Pas juger. Comprendre. Saisir.
      Je suis d'autant plus surpris qu'à peine 25% des gens la croient. Je fais partie de ceux-là.
      J'ai un peu de misère avec la partie du «envoie ça à la poubelle», mais qui sait?
      Vous êtes honnête en précisant qu'il s'agit de la biographie d'une vie.
      Quant à Monsieur Bernier, si je le regarde et essaie de comprendre de la manière dont vous le faite, il ne passe pas la rampe.
      Je ne saisis pas qu'un tel homme aie pu avoir un tel poste.
      gaetanpelletier@hotmail.com

    • NicolasGingras

      03 octobre 2008
      11h19

      Je trouve que Julie Couillard passe beaucoup plus pour la méchante dans tout ca. Et tout ça pour des journalistes qui veulent faires coulés beaucoup d'encre. J'ai connu Julie a Ville Émard, et quelle ait fait tel ou tel choses sa m'importe peu. Je sais que Julie par-contre etait une fille très respectée car elle respectait les autres. Ce que moi je réalise, c'est qu'on attribut a Julie tout les blames. M. Bernier lui??? pas sur qu'il soit blanc comme neige. Bien sur M. Bernier a une visibilité beaucoup plus importante. Mais de la a tapé sur la tete de Julie Couillard....Pas sur.....

    • bonheurdoux

      03 octobre 2008
      11h19

      J'aimerai seulement vous dire, même si cette histoire titille notre intérêt, car nous aimons tous les potins scabreux, soyons honnête, la seule chose que je souhaite c'est qu'elle ne vende aucun livre, et qu'elle retourne dans les bas fonds ou elle était. Elle est méprisante et ne mérite aucunement le respect.
      Au moin l'autre ne lave pas son linge sale en public et n'essai pas de faire de l'argent avec ces saletés, mais je crois que les gens ne sont pas fous et on bien vu qu'il y a seulement un nom pour se genre de femme là.
      Désolé, mais je suis décu de voir que des gens hommes ou femmes puissent agir de cette façon au nom de la frustation et pour se faire voir... Faire la UNE a tout prix.. Pathétique

    • francoisheroux

      03 octobre 2008
      11h19

      Julie Couillard m'apparait comme une personne n'ayant plus grand chose à perdre. Le photo-roman de sa vie étalé au grand jour illustre le peu de profondeur dont elle est le sujet. Une autobiographie à 39 ans! Superficielle à l'instar de son jugement, elle nous démontre qu'elle a toujours pris le mauvais chemin dans le but de s'enrichir au plus vite au détriment des autres. Ayant toujours frayée dans le monde interlope, c'est sans trop de surprise que son parcours ait pu croiser celui d'un politicien douteux et tout aussi superficiel qu'elle. Mais sa plus grande qualité ne se dément pas; elle est très belle...

    • reuter_Z

      03 octobre 2008
      11h19

      Julie Couillard, peu importe ses origines pauvres, etc. Peu importe sa beauté extérieure, car elle est très belle cette femme. Une chose est certaine aucune classe dans sa tête et cela se répercute sur tout l'ensemble qui finalement, elle en devient commune une danseuse reyclée. Pourquoi... Tombé sur les détails insipides inodores et sans saveurs comme au sujet de son ex. YE pas fort Julie, tu as pas utilisé ta beauté d'une bonne façon, on pourrait répondre ben oui elle fait de l'argent facile mais c'est l'histoire de sa vie... Dommage car elle est intelligente mais mal utilisé !

      Reuter

    • sblais18

      03 octobre 2008
      11h19

      Si c'est un tas de mensonges, pourquoi M. Bernier ne la poursuit-elle pas en justice ? c'est qu'il doit y avoir du vrai dans cette histoire !

    • dnatreb

      03 octobre 2008
      11h20

      Tout ça ne sont que ragôts, bien entendu. Mais je ne peux m'empêcher de me souvenir qu'il s'agit d'un ex ministre qui nous représentait à l'étranger, auprès des autres ambassadeurs, chefs d'états. Et à la lumière de plusieurs petites bévues et scandales éttouffés par l'administration Harper, le doute que j'avais sur les dires et les écrits de Mme Couillard, deviennent soudainement des demi-vérités. Sur le plan personnel, je crois que ce qui se passe entre deux personnes dans leur intimités, doit le rester, mais sur le plan public, je ne peux m'empêcher de voir la réalité. Et elle est lourde pour M. Bernier, il a quand même oublié, soit par négligence ou inattention, des documents secret, on parle ici d'un ministre, et on parle de documents de l'OTAN, on ne parle pas d'une liste d'épicerie ou d'un compte de téléphone. Et le fait que l'administration Harper ait réagit en diminuant l'importance du document, et aussi qu'ils aient frapper à grand coup sur Mme Couillard, me montre très bien quels genre de gens ils sont. Alors Mme Couillard s'est défendu, est ce vrai ou pas, ça ne me regarde pas, mais la réalité me regarde en tant que citoyen, et les faits sont contre M. Bernier.... et ça c'est juste la réalité.

      dnatreb
      Montreal

    • YBeauchamp

      03 octobre 2008
      11h25

      "Ma mère va être contente quand je vais lui présenter" Voila qui jette un tout autre éclairage sur cette femme.

      Je ne prenais pas au sérieux Mme Couillard, mais disons qu'un doute s'est installé. Bon article, Mme Petrowsky.

    • archambaultjean1

      31 décembre 1969
      19h00

      À mes yeux, madame Couillard n'a aucune crédibilité. Elle raconte une histoire. Elle n'a jamais accepté d'être contre-interrogée par les membre de la commission fédérale qui se penchait sur cas Bernier. Dans cette affaire, il est trop facile de faire de la démagogie. Cela étant dit. Les comportements de monsieur Bernier nous démontre un homme immature qui s'est caché dans son comté. Sa nomination en tant que ministre des Affaires étrangères par monsieur Harper confirme que ce dernier voulait contrôler l'ensemble des paramètres de la politique étrangère très militariste. Avec le peu d'expérience de monsieur Bernier et ses ambitions politiques, il devenait une marionnette que monsieur Harper faisait bouger à sa volonté. Il est remarquable de voir que monsieur Harper aime s'entourer de personnalités faibles. En comparaison, René Lévesque avait,en 1976, nommé des ministres avec des personnalités très fortes: Parizeau, les deux Morins, Burns, Laurin, Lazure, Charron, Payette, etc. C'est le signe d'un grand leader.

      Jean Archambault

    • Rogem

      02 octobre 2008
      12h43

      Pourquoi ne pas avoir invité Maxime Bernier en même temps que Julie Couillard à TLMEP? De cette façon, on aurait pu avoir les 2 versions en même temps...lollllll

    • ronaldcomeau@hotmail.com

      02 octobre 2008
      12h07

      Bonjour Mme Petrovski, je trouve votre portrait de la dame très pertinent. Excellent. Merci de cette éclairage sur la vie tumultueuse des deux personnages.

    • wyverns

      02 octobre 2008
      12h07

      Tant d'attention donnée à des personnage si médiocre. Toute cette affaire aurait du se résumer à ces 2 questions.
      Est-ce que le ministre a été négligeant dans son traitement des dossiers secrets?
      Est-ce que madame était illégalement en possession de documents secrets?
      L'une s'est réglée avec la démission du ministre et l'autre devra être réglée par l'enquête de la GRC et le possible dépôt d'accusations.

    • bobbygamache

      02 octobre 2008
      11h18

      Franchement j'ai bien hâte qu'on n'entende plus parler de cette histoire totalement dénuée d'intérêt. De plus, les commentaires des Beaucerons concernant Maxime Bernier sont presque désolants. Il est bien temps que cette histoire sombre dans l'oublie et que les gens cessent d'avior l'air fou à cause de celle-ci!

    • Silverstar1

      02 octobre 2008
      11h04

      C'est un livre écrit par Mme Couillard elle-même, attendons celui de M. Bernier s'il y a lieu, et on connaîtra quelque peu la vérité venant d'un côté comme de l'autre.

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