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Les gaz contenus dans le permafrost sont «une bombe à retardement»

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Les gaz contenus dans le permafrost sont «une bombe à retardement»

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Un massif de l'Alaska.

Photo AFP

Associated Press
Washington

La fonte du permafrost (sols perpétuellement gelés) de l'Arctique sera plus lente que prévue. Mais, même s'il prend plus de temps, le processus finira par libérer d'importantes quantités de carbone dans l'atmosphère qui aggraveront le réchauffement climatique, selon une nouvelle étude.

D'après ces travaux portant sur les sols gelés d'Alaska et publiés jeudi dans la revue scientifique «Nature», les émissions de gaz à effet de serre entraînées par la fonte du permafrost sont un temps absorbées par plusieurs nouvelles plantes apparues dans la région grâce au réchauffement de l'Arctique.Mais cet effet ne dure pas éternellement et, après 15 à 50 ans, ces plantes «ne peuvent plus tenir la cadence» et sont débordées, explique Ted Schuur professeur d'écologie à l'université de Floride et principal auteur de l'étude.

A ce stade du processus, un milliard de tonnes de carbone par an peuvent alors être libérées dans l'atmosphère déjà en réchauffement sous l'effet des émissions de dioxyde de carbone des centrales électriques, des automobiles et, de manière générale, des activités industrielles humaines, selon Ted Schuur.

Un phénomène qui contribue au réchauffement climatique dans des proportions égales à celles de la déforestation des zones tropicales, estime-t-il. «J'appelle ça une bombe à retardement lente», souligne le professeur Schuur.

Pire, la grande partie du gaz bloqué dans le permafrost de l'Arctique est du méthane, plus de 20 fois plus virulent que le dioxyde de carbone (CO2).

Les scientifiques soulignent le caractère vicieux du cycle. Alors que le monde se réchauffe, une plus grande partie du permafrost fond, et des quantités plus importantes de gaz à effet de serre sont donc émises, contribuant ainsi d'autant plus au réchauffement.

Sur le long terme, cette étude «plutôt que de les apaiser, renforce les craintes» sur les effets des gaz bloqués dans les permafrosts, confie le professeur Chris Field, de l'université américaine de Stanford, qui n'a pas pris part à ces travaux.

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