Des écologistes craignent un procédé d'intimidation

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En décembre 2008, des écologistes avaient manifesté pour... (Photo: archives La Presse)

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En décembre 2008, des écologistes avaient manifesté pour l'adoption de la loi anti-SLAPP au palais de justice de Montréal. Claude Messier estime que cette loi aurait dû fournir un abri à ceux qui s'expriment contre des projets tels que le Complexe Estrie-Enviropôle.

Photo: archives La Presse

Martin Croteau
La Presse

Des défenseurs de l'environnement s'inquiètent de la poursuite de 600 000$ lancée contre le maire de Saint-Placide par les promoteurs d'un centre de traitement des déchets en Estrie. Ils craignent que ce soit une manière d'intimider par la bande les opposants au projet du complexe Estrie-Enviropôle.

La Presse a rapporté lundi que des entreprises appartenant à la famille Rémillard poursuivent le maire Denis Lavigne, qui s'oppose depuis des années à la privatisation du dépotoir public de Lachute, dans les Laurentides. Elles lui réclament 600 000$ pour avoir mis en garde des résidants d'autres municipalités contre la gestion privée des déchets.

Le 3 décembre 2008, M. Lavigne s'est rendu en Estrie pour participer à une assemblée publique sur l'enfouissement organisée par les Amis de la Terre. Dans cette région, le Complexe Estrie-Enviropôle souhaite bâtir un important centre de gestion des matières résiduelles. L'entreprise a jugé cette sortie diffamatoire et a réclamé réparation devant les tribunaux près d'un an plus tard.

Cette action en justice inquiète les opposants au projet, qui doit voir le jour sur les terrains de la mine Jeffrey à Asbestos. Claude Messier est de ceux-ci. Son groupe, les Amis de la Terre de la MRC des Sources, conteste le projet parce que le promoteur prévoit y acheminer des tonnes de déchets venus de l'extérieur de la région.

«En se servant du maire de Saint-Placide, je crains qu'il fasse peur aux gens d'ici qui sont contre le projet», a indiqué M. Messier.

L'écologiste estime que la loi anti-SLAPP (ou poursuite-bâillon) adoptée en juin par l'Assemblée nationale aurait dû fournir un abri à ceux qui s'expriment contre des projets tels que le Complexe Estrie-Enviropôle.

«On se pensait protégés par cette nouvelle loi, a-t-il dit, mais il semble que ce ne soit pas le cas.»

«Rétablir les faits»

Le porte-parole du Complexe Estrie-Enviropôle, Martin Baller, se fait rassurant. Il affirme que l'action vise à «rétablir les faits» et non à intimider les adversaires du projet.

«Il ne s'agit pas de museler les critiques, a-t-il indiqué. Lorsqu'il y a du respect, lorsque la vérité est dite, il n'y a aucun problème. Il faut que les propos soient véridiques. Personne ne peut parler à tort et à travers.»

Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, a participé à l'assemblée publique du 3 décembre 2008 aux côtés de Denis Lavigne. Il s'étonne que le promoteur et sa société mère, la Corporation Maybach, aient décidé de poursuivre le maire.

«Selon moi, M. Lavigne a été prudent. Il n'a pas accusé qui que ce soit, a affirmé M. Ménard. Il a simplement dit aux gens d'opter pour la gestion publique d'un lieu d'élimination plutôt que pour la gestion privée, notamment en raison de la facilité de communiquer avec les exploitants.»

Denis Lavigne s'oppose depuis trois ans à la vente du droit d'exploiter le dépotoir de Lachute à Gestion environnementale Nord-Sud, une entreprise de la famille Rémillard. Il a préféré ne pas commenter la poursuite intentée contre lui.

L'an dernier, le Complexe Estrie-Enviropôle a intenté des poursuites contre la MRC des Sources et les maires de six des sept villes qui la constituent. L'entreprise tente de faire invalider un règlement adopté par l'organisme qui limite à 50 000 tonnes la quantité de déchets qui peuvent être enfouis sur son territoire.

 

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