Climat: un site internet pour plus de transparence sur les aides

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Agence France-Presse
Genève

Un site internet détaillant les contributions financières pour aider les pays les plus vulnérables à faire face aux changements climatiques a été créé afin d'apporter plus de transparence sur les fonds promis lors du sommet de Copenhague, a-t-on appris vendredi à Genève.

Le site, initié par les Pays-Bas, a été révélé à l'occasion de la réunion informelle de deux jours sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique, organisé par le Mexique et la Suisse à trois mois du grand sommet de l'ONU à Cancun.

Son objectif est de faire le suivi des 30 milliards d'aide promis entre 2010 et 2012 par les pays industrialisés aux plus vulnérables lors de la dernière grande conférence onusienne sur le climat au Danemark en décembre 2009.

Le site «apporte une transparence sur l'origine, les montants et l'utilisation des fonds qui vont aux pays en développement afin de les aider à lutter contre les changements climatiques», a expliqué la ministre de l'Environnement des Pays-Bas, Tineke Huizinga.

Consulté, www.faststartfinance.org indiquait vendredi que le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège ainsi que la France ont réuni jusqu'à présent 2,5 milliards d'euros. L'Allemagne a de son côté promis 1,26 milliard d'euros.

Les bénéficiaires en sont, selon le site, 27 pays pauvres ou émergents, tels que le Bangladesh, le Brésil, l'Ethiopie, l'Inde, l'Indonésie, le Maroc ou encore les Philippines.

L'officialisation de ces montants était attendue comme une preuve de l'engagement des pays dans le processus de négociations sur le climat qui a vécu des heures difficiles à Copenhague.

Il s'agit d'un «premier pas» qui «apportera la confiance que les promesses sont tenues», a souligné Mme Huizinga lors d'un point de presse, estimant qu'il y aurait «beaucoup plus de pays avant Cancun» sur le site à l'image de la France qui s'y est inscrite vendredi.

La plus haute responsable de l'ONU sur le climat, Christiana Figueres a salué cette initiative, estimant «particulièrement urgent d'avoir des clarifications sur les sources» et leur utilisation pour rétablir la confiance des gouvernements.

«C'est une bonne initiative, qui constitue un pas en avant», a abondé un expert de l'ONG Oxfam, Romain Benicchio. Il relève toutefois que peu de pays industrialisés ont encore fourni des informations. Surtout le site ne donne aucun détail sur l'origine de cette aide.

ONG et pays en développement bataillent pour faire en sorte que les montants soient comme promis «aditionnels et nouveaux» et non ponctionnés sur des fonds déjà engagée comme l'aide au développement.

«S'il s'agit de recyclage d'aide ou de prêt, le compte n'y sera pas», a estimé M. Benicchio.

Les initiateurs du site ont rétorqué en expliquant que l'objectif n'était pas de faire la lumière sur l'origine des montants.

«C'est un débat contreversé et le site internet ne repondra pas à cette question», a assuré la ministre des Pays-Bas.

En tout état de cause, Mme Figueres a déjà prévenu jeudi que pour 2010, une certaine tolérance sur l'origine de l'aide serait de mise, plaidant qu'au moment de leur promesse, les États avaient déjà arrêté leur budget pour l'année.


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