Brésil: une ado enceinte après avoir été violée veut garder le bébé

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Brésil: une ado enceinte après avoir été violée veut garder le bébé

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Photo: François Roy, archives La Presse

Agence France-Presse
Rio De Janeiro

Dix jours après la polémique provoquée par l'excommunication de la mère d'une enfant de 9 ans ayant avorté de jumeaux à la suite d'un viol, une adolescente de 13 ans souhaite garder le bébé qu'elle porte après avoir été violée par son père.

D'après le quotidien Folha de Sao Paulo, mardi, le père de l'adolescente a déjà été arrêté et écroué à Guaratinga (Etat de Bahia, nord-est). Comme sa mère est morte et qu'aucun membre de sa famille n'est disposé à l'accueillir, l'adolescente a eu le droit de donner son avis.

L'interruption volontaire de grossesse est interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Le Code pénal prévoit également que pour les moins de 14 ans, c'est le représentant légal qui décide. Dans le cas présent, la justice a accepté que l'adolescente soutenue par un tuteur de l'Etat décide, souligne Folha.

Enceinte de quatre mois, l'adolescente doit encore être soumise à un examen médical à Salvador de Bahia, la capitale de l'Etat. S'il n'y a aucun risque pour sa santé elle pourra garder le bébé.

Il y a dix jours, l'archevêque de Recife (nord-est) avait excommunié la mère d'une enfant de 9 ans qui avait avorté après avoir été violée par son beau-père, ainsi que toute l'équipe médicale ayant pratiqué l'intervention. Une vive polémique a éclaté au Brésil et à l'étranger divisant les catholiques.

L'archevêque José Cardoso Sobrinho avait argué qu'aux yeux de l'Eglise catholique l'avortement était un «crime» et que la loi de Dieu était «au-dessus» de celle des hommes pour justifier l'excommunication.

Le président Luiz Inacio Lula da Silva, un catholique, est intervenu pour soutenir les médecins.

Dans un premier temps, le Vatican a justifié l'excommunication, mais vendredi, la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a désavoué l'archevêque de Recife, affirmant qu'il fallait «tenir compte des circonstances».

Samedi, le président de l'Académie pontificale pour la Vie, Mgr Rino Fisichella a également critiqué l'excommunication.

«Avant de penser à une excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder la vie innocente» de la fillette, a dit ce haut prélat du Vatican.

 

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