Zelaya confirme qu'il rentrera au Honduras dimanche et se dit «optimiste»

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Zelaya confirme qu\'il rentrera au Honduras dimanche et se dit «optimiste»

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Les partisans de Manuel Zelaya attendent son retour avec impatience.

Photo AFP

 

Gérard VANDENBERGHE
Agence France-Presse
Tegucigalpa

Le président destitué du Honduras, Manuel Zelaya, a confirmé samedi à Washington son intention de revenir dimanche dans son pays et s'est dit «optimiste», avant de rejoindre l'assemblée générale de l'Organisation des Etats américains (OEA), qui pourrait décider d'exclure le Honduras.

Le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, a appelé à l'exclusion, soulignant qu'il «n'y a pas d'alternative» quand un pays manque au respect des valeurs de la Charte Démocratique Interaméricaine.

Les nouvelles autorités de Tegucigalpa ont «rejeté» la Charte vendredi soir, claquant la porte de l'OEA avant d'en être exclues.

A ce jour, l'OEA n'a écarté qu'un pays: Cuba, en 1962, et à qui elle vient de rouvrir ses portes.

M. Zelaya est «très optimiste», a-t-il déclaré à la presse, «parce que tout le monde condamne le coup d'Etat» qui l'a chassé dimanche dernier, laissant entendre qu'il s'attendait à être favorablement accueilli à son retour au Honduras où il compte se faire rétablir dans ses fonctions.

Il a affirmé qu'il serait accompagné de «plusieurs présidents et membres de la communauté internationale», probablement de la présidente de l'Argentine Cristina Kirchner, qui participe à l'assemblée de l'OEA, et du président équatorien Rafael Correa, qui y est attendu. Fernando Lugo, président du Paraguay et autre allié de M. Zelaya, est également à Washington.

Un tel retour de M. Zelaya n'est pas sans risque, car les nouvelles autorités de son pays l'ont menacé d'une arrestation «immédiate». La Conférence épiscopale du Honduras lui a demandé de ne pas rentrer maintenant.

M. Insulza lui aussi a évoqué ces «risques» et M. Correa en a fait autant tout en s'affirmant prêt à accompagner M. Zelaya.

M. Zelaya a appelé ses partisans à l'accueillir «sans armes» et a appelé les autorités en place à lui rendre son poste, en les qualifiant de «secte criminelle».

Plusieurs milliers de ses partisans ont gagné samedi l'aéroport de la capitale, pensant, selon leurs représentants, qu'il arriverait le jour même.

Ils ont rebroussé chemin devant un important cordon de militaires, et promis de revenir dimanche matin.

M. Insulza avait quitté Tegugicalpa vendredi soir après une demi-journée d'entretiens, manifestement irrité par ses contacts avec les nouvelles autorités et sans avoir rencontré le nouveau chef de l'Etat désigné, Roberto Micheletti.

Le président de la Cour suprême lui avait annoncé que la destitution du président Manuel Zelaya était «irréversible».

La destitution de M. Zelaya est un «coup d'Etat militaire», a tranché M. Insulza, constatant que M. Micheletti et ses amis «n'ont aucune intention de revenir en arrière».

Leur décision de quitter l'OEA «n'a aucun effet juridique», car «ce gouvernement n'existe pas juridiquement, a-t-il encore commenté.

Son arrivée à Tegucigalpa avait pourtant fait naître l'espoir d'un dialogue. M. Micheletti venait en effet de déclarer qu'il n'avait «aucune objection» à l'organisation d'une élection présidentielle anticipée.

La présidentielle est normalement prévue le 29 novembre.

M. Zelaya, au pouvoir depuis 2006, a été renversé pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire sur la possibilité de briguer un second mandat présidentiel, démarche déclarée illégale par la Cour suprême.

M. Micheletti et les siens étaient déjà condamnés par l'ONU, l'UE et la plupart des pays d'Amérique centrale. Plus aucun ambassadeur européen n'est en poste à Tegucigalpa.

La Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement (BID) ont confirmé le gel de leurs lignes de crédit. Un total de 300 à 450 millions de dollars d'aide internationale seraient gelés.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé la suspension de l'envoi de pétrole au Honduras, auquel il fournit la grande majorité de sa consommation.

 

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