Le président du Paraguay décapite l'armée

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Fernando Lugo

Photo: AFP

Agence France-Presse
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Le président du Paraguay Fernando Lugo, le premier chef d'Etat de gauche de ce pays enclavé d'Amérique du Sud après des décennies de règne conservateur, a limogé trois chefs de l'armée après avoir écarté des soupçons de «coup d'Etat».

M. Lugo, élu en 2008, a renvoyé mercredi le chef d'état-major de l'armée de Terre le général Oscar Velazquez, celui de la Marine, le contre-amiral Claudelino Recalde, et celui de l'Armée de l'Air, le général Dario Davalos, selon un communiqué qui ne motive pas cette décision.

Le président paraguayen, un ancien évêque qui a créé la polémique pour avoir eu un enfant alors qu'il portait encore l'habit religieux, avait affirmé mardi qu'il existait «certains petits groupes de militaires qui peuvent être utilisés par la classe politique» d'opposition.

«Institutionnellement, les forces armées ne se prêteront à aucune sorte de tentative putschiste», avait-il ajouté, 24 heures avant de révoquer les trois commandants de l'armée.

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, avait accusé le 17 octobre une frange dure de l'opposition de droite au Paraguay «de préparer un coup d'Etat» contre M. Lugo, en prenant pour excuse la commande d'avions de chasse par la Bolivie, pays avec qui le Paraguay a mené une guerre entre 1932 et 1935.

«Personne dans les forces armées n'a ces intentions», selon le chef d'état-major des armées, Cibar Benitez, qui doit partir à la retraite en décembre.

«C'est une humiliation, un manque de respect. On va dire que ce sont des conspirateurs. Ils ne méritent pas d'être traités comme l'a fait le président Lugo», a dit l'ex-commandant en chef des forces armées Bernardino Soto.

La décision intervient moins d'une semaine après que l'opposition a annoncé détenir la majorité des deux tiers au Parlement, ce qui rend possible une procédure de destitution du président.

L'opposition lui reproche une mauvaise gestion et critique son entourage, proche, selon eux, du président vénézuélien.

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