100 millions de «filles manquantes»

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De jeunes chinoises participent à un défilé de... (Photo: AFP)

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De jeunes chinoises participent à un défilé de mode à Pékin. Selon l'ONU, elles vivent dans l'un des pays les plus inégalitaires au monde sur le plan économique.

Photo: AFP

Agence France-Presse
Pékin

Les différences entre hommes et femmes en Asie-Pacifique dans le domaine économique, politique ou social sont parmi les plus fortes au monde, selon un rapport publié lundi, déplorant le fait que l'égalité des sexes reste dans cette région «un concept occidental».

Selon un rapport du programme des Nations unies pour le développement (Pnud) rendu public à l'occasion de la journée mondiale de la Femme, la forte croissance économique des pays de la zone n'a pas entraîné d'avancée mécanique de l'égalité des sexes, le progrès ayant même parfois servi à la faire reculer.

Les avancées technologiques ont ainsi permis de déceler plus vite le sexe d'un bébé avant la naissance, contribuant à aggraver les foeticides, souligne Surekha Subarwal, porte-parole pour la région du Pnud.

«Le problème des «filles manquantes» en raison de présumés foeticides de filles est en train de grandir», rapporte l'étude, soulignant par exemple qu'en Asie de l'Est, 119 garçons naissent pour 100 filles.

La Chine et l'Inde comptent à elles seules plus de 85 millions de femmes «manquantes», sur les 100 millions dans la région, que l'on estime mortes de «traitement discriminatoire dans les soins, la nutrition ou par pure négligence», selon le rapport.

Peu de pays ont en outre adopté des lois interdisant les violences contre les femmes. Près de la moitié des pays d'Asie du Sud et plus de 60% de ceux du Pacifique n'ont aucune législation en matière de violence domestique.

Quant à l'accès à la propriété, la différence est la plus importante au monde. Seules 7% des femmes sont propriétaires d'une ferme en Asie-Pacifique, contre 20% en moyenne ailleurs, alors même que ce sont les femmes qui réalisent le plus important travail agricole, selon le Pnud.

Concernant l'emploi, l'égalité n'existe pas, y compris dans l'industrie indienne du cinéma, relève Anuradha Rajivan, qui a coordonné l'étude.

Les femmes gagnent en moyenne «54 à 90%» de ce que gagnent les hommes. En Asie du Sud, 85% des femmes vivent d'«emplois vulnérables» dans le secteur de l'économie informelle.

Or la discrimination sexuelle a un coût. Dans des pays comme l'Inde, l'Indonésie ou la Malaisie, le Produit intérieur brut (PIB) pourrait croître de 2 à 4% par an si le taux d'emploi des femmes se montait à 70%, un chiffre voisin de celui de nombreux pays développés.

Pointant les «données sélectives ou absentes sur la différence entre les sexes», Anuradha Rajivan souligne cependant pour certains paramètres un décalage parfois pire qu'en Afrique sub-saharienne.

«L'égalité des sexes est un concept occidental, disent les gens en Asie. Nous devons faire en sorte qu'ils ne fassent plus cette critique», espère-t-elle. «Nous pouvons travailler sur trois axes: le pouvoir économique, l'expression politique et les droits légaux», résume-t-elle.

Ce rapport sur cinq ans, alimenté par des contributions d'experts indépendants et des bureaux régionaux du Pnud, porte sur une trentaine de pays, dont le Sri Lanka, le Népal, le Vietnam, l'Indonésie ou les îles Samoa.

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