Les exilés haïtiens continuent d'affluer vers Montréal

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Séisme en Haïti

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Séisme en Haïti

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Des exilés arrivés récemment utilisent les lignes téléphoniques... (Photo: David Boily, La Presse)

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Des exilés arrivés récemment utilisent les lignes téléphoniques fournies par Bell pour appeler en Haïti, à la Maison d'Haîti, à Montréal-Nord.

Photo: David Boily, La Presse

 

Gabriel Béland
La Presse

Signe que la situation est encore critique en Haïti, près d'un mois après le séisme du 12 janvier, des Haïtiens en détresse continuent d'arriver en grand nombre à Montréal.

À la Maison d'Haïti, un centre de première ligne de Montréal-Nord qui accueille les exilés, on parle même d'une augmentation du nombre de visiteurs.

«Au début, après le séisme, on recevait 150 personnes par jour, explique Christiane Fabiani, vice-présidente de la Maison d'Haïti. Après, on est passés à 170 personnes et maintenant on en reçoit 200 par jour. Le nombre continue d'augmenter.»

Comment explique-t-elle cette hausse tardive? «Plusieurs survivants, après le séisme, devaient répondre avant tout à leurs besoins essentiels: manger et se trouver un toit, explique-t-elle. Avec le temps qui passe, certains passent à autre chose et envisagent désormais de quitter Port-au-Prince, ou même Haïti», dit-elle.

C'est le cas de Touzin Monia, rencontrée samedi à la Maison d'Haïti. Arrivée à Montréal le 2 février, Mme Monia a pensé un bon moment qu'elle pourrait rester en Haïti. Mais sa maison était détruite, elle vivait dans la rue avec ses trois enfants et après plus de deux semaines, c'en était trop.

«J'étais sous le choc après les événements, a expliqué Mme Monia, 36 ans. J'ai d'abord essayé de survivre à Port-au-Prince. Puis j'ai décidé de partir au Canada, vu que deux de mes enfants sont canadiens.»

Alors que plusieurs pays disent entrer dans la phase «reconstruction» en Haïti, ne sentait-elle pas que le pire était derrière et qu'elle pouvait rester sur place?

«Le pire était devant, à dormir sous une tente, dans la misère, pour longtemps», dit-elle.

Le 30 janvier, elle s'est donc présentée devant les grilles de l'ambassade canadienne. Le lendemain, elle était entrée. Elle a dormi deux nuits sur le terrain de l'ambassade, avant de s'envoler avec ses enfants pour le Canada.

«Il y avait 200 personnes dans l'avion du gouvernement», estime-t-elle.

Assise à côté d'elle, dans la salle d'attente presque bondée de la Maison d'Haïti, Lherisson Rosemarie explique qu'elle est arrivée au pays le 31 janvier.

«Les gens continuent d'atterrir à Montréal, explique Mireille Métélus, bénévole à la Maison d'Haïti. Et ils continuent d'arriver avec rien: ils ont besoin de tout.»

Des avions vers le Canada

La semaine dernière, Québec a annoncé la mise en place de mesures pour faciliter l'immigration des sinistrés. Cette politique, qui vise 3000 Haïtiens, pourrait encourager plusieurs personnes à venir au Canada.

Entre-temps, des avions militaires canadiens continuent d'amener des Haïtiens au pays. Dans la dernière semaine seulement, six avions de l'armée remplis de citoyens canadiens, ou d'Haïtiens munis d'un visa, ont atterri au Canada, a indiqué une porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Depuis le séisme du 12 janvier, 42 avions militaires canadiens ont permis à des gens de quitter Haïti.

Pour joindre la Maison d'Haïti: 1-888-YO-Haïti (1-888-964-2484)

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