La démocratie progresse en Afghanistan

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La démocratie progresse en Afghanistan

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Le candidat aux élections présidentielles Abdullah Abdullah prend un bain de foule avant de clore la dernière ligne droite de sa campagne.

Photo AFP

Agnès Gruda
La Presse

De gros nuages flottent au-dessus du scrutin au cours duquel 17 millions d'électeurs afghans doivent choisir, jeudi, leur prochain président. Pourtant, Grant Kippen, le Canadien qui préside la Commission des plaintes électorales à Kaboul, n'est pas totalement pessimiste. Malgré l'insécurité, la démocratie a progressé en Afghanistan, croit-il.

C'est vrai que les talibans ont menacé les électeurs de représailles, a reconnu M. Grant, que La Presse a joint à Kaboul hier. Mais cette menace est loin d'être omniprésente, selon lui.

 

En revanche, les élections de jeudi suscitent beaucoup d'intérêt: «Les candidats, leurs supporters, les observateurs, beaucoup de gens veulent ces élections et croient qu'elles sont importantes.»

Grant Kippen n'en est pas à ses premières armes en Afghanistan. Il y était en 2004, lors de la première présidentielle. Et il a présidé la Commission des plaintes lors des parlementaires de 2005.

En quoi les élections de 2009 diffèrent-elles des scrutins précédents? «Les conditions de sécurité étaient bien meilleures à l'époque», répond-il sans hésiter.

Contrairement aux élections passées, qui étaient organisées avec l'aide de la communauté internationale, ce scrutin est organisé par les Afghans seuls - Grant Kippen est d'ailleurs l'un des seuls Occidentaux à y jouer un rôle-clé.

Mais surtout, souligne-t-il, les médias jouent cette fois un rôle de premier plan. «Les Afghans ont accès à beaucoup d'information électorale à la télévision, à la radio, dans les journaux. Et ça génère énormément d'intérêt pour ces élections.»

Zones de grande insécurité

Mais à quoi sert cette fièvre électorale si le vote de jeudi doit avoir lieu dans un climat de terreur tel que de nombreux bureaux de vote pourraient être incapables d'ouvrir leurs portes?

Selon Grant Kippen, ces zones de grande insécurité se trouvent surtout dans des régions rurales éloignées. Au cours des dernières semaines, M. Kippen s'est rendu à Kandahar et à Jalalabad. Il y a rencontré des candidats aux élections provinciales. «Certains m'ont mentionné qu'ils étaient incapables de faire campagne dans les villages reculés. Mais ils menaient une campagne très visible dans ces deux villes.»

Et puis, la participation au vote pourrait être plus grande que ce que l'on imagine, malgré les menaces, croit Grant Kippen. «C'est peut-être difficile à comprendre de loin, mais les Afghans vivent dans l'insécurité depuis trois décennies. Pour eux, elle fait partie de leur vie.»

L'un des enjeux du vote de jeudi est la légitimité du gagnant, et cette légitimité dépend du nombre d'électeurs qui braveront les menaces et se rendront aux urnes.

À partir de quel taux d'absentéisme le prochain président ne pourra-t-il pas prétendre représenter l'ensemble des électeurs? «Bonne question, dit Grant Kippen, mais je ne possède pas la réponse.»

 

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