Le Hamas accuse le Mossad de l'assassinat d'un de ses chefs

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Un membre du Hamas pose devant des photos de Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh, assassiné à Dubaï le 20 janvier.

Photo Reuters

 

Adel Zaanoun
Agence France-Presse
Gaza

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a accusé vendredi Israël d'avoir assassiné l'un des fondateurs de sa branche armée Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh le 20 janvier à Dubaï, et a promis de se venger.

Selon un communiqué du Hamas, «Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh est mort en martyr à Dubaï le 20 janvier 2010 dans des circonstances suspectes qui nécessitent une enquête, en coopération avec l'État des Emirats arabes unis».

Pour frère Faëq Al-Mabhouh, le dirigeant des Brigades Ezzedine Al-Qassam (branche armée du Hamas), un pourvoyeur d'armes du mouvement islamiste, a été tué par électrocution et strangulation.

«Les premiers résultats de l'enquête commune du Hamas et des Emirats arabes unis montrent qu'il a été tué par un équipement électrique tenu contre sa tête puis a été étranglé avec un bout de tissu», a dit à l'AFP Faëq Al-Mabhouh.

Selon lui, son frère avait été dans le passé «la cible de plusieurs tentatives d'assassinat de la part du Mossad», les services de renseignement extérieur israéliens.

Le gouvernement de Dubaï a confirmé l'assassinat de Mabhouh et demandé l'aide d'Interpol dans la recherche des suspects qui ont fui après le crime. La plupart sont «porteurs de passeports européens», a-t-il ajouté.

Pour les autorités de Dubaï, les auteurs du crime «ont laissé derrière eux un indice qui peut permettre de les retrouver».

Interrogé, un porte-parole gouvernemental israélien s'est refusé à tout commentaire.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza, a «imputé à Israël la responsabilité de l'assassinat de Mabhouh», 50 ans, l'un des fondateurs des Brigades, qui ont revendiqué des attentats anti-israéliens sanglants.

Originaire du camp de réfugiés de Jabaliya (nord de la bande de Gaza), Mabhouh avait été le responsable de l'enlèvement au début de la première Intifada palestinienne (1987-1993) de deux soldats israéliens qui ont ensuite été tués, ainsi que de la planification de plusieurs attentats anti-israéliens, selon le Hamas.

Sa maison avait été démolie par Israël. Il avait été détenu dans les prisons israéliennes et après sa sortie de prison, «il a vécu pourchassé par l'occupant sioniste jusqu'au jour où il a réussi à quitter Gaza», selon le Hamas.

«Notre frère martyr était une cible de l'occupant depuis sa participation à l'opération d'enlèvement des deux soldats sionistes et en raison de son rôle et de son soutien à la Résistance», a-t-il ajouté.

Les funérailles de Mabhouh, père de quatre enfants, ont eu lieu vendredi dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans la banlieue de Damas où il résidait. Son fils Abdel Raouf al-Mabhouh et des représentants du Hamas, dont le chef du bureau politique en exil Khaled Mechaal, assistaient à la cérémonie.

«Nous vengerons la mort de ce grand homme», a déclaré à la presse Khaled Mechaal.

«Vous vous faites des illusions si vous croyez que nous abandonnerons la résistance, qui ne sera nullement affectée par la l'occupation, la colonisation de nos terres (...) les assassinats», a-t-il ajouté à l'adresse des Israéliens.

Le Hamas, qui prône la lutte armée contre l'État hébreu, est considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l'Union européenne.

En 2004, le fondateur du Hamas, cheikh Ahmed Yassine, avait été tué dans un raid d'hélicoptère israélien à Gaza. Un mois plus tard, le chef du groupe à Gaza, Abdel Aziz al-Rantissi, avait péri dans une attaque israélienne.

Khaled Mechaal avait lui échappé en 1997 à Amman à une tentative d'assassinat par le Mossad.

En décembre 2009, une boîte à dons piégée adressée au représentant du Hamas au Liban, Oussama Hamdane, avait tué deux de ses gardes du corps. Le mouvement islamiste avait accusé Israël de cet acte.

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