C'est toutefois sur une note un peu tiède que Petit a ouvert le bal. Fondées sur un trait d'improvisation, avec en tête de file des quolibets sur un vendeur de croustilles choisi aléatoirement dans la salle et une blague adressée à François Massicotte, ses premières boutades auront laissé l'auditoire plus perplexe que rieur. Le monologue qui a suivi en a quelque peu souffert mais, expérimenté, l'ex-Bizarroïde a su se ressaisir et terminer en force avant de passer la main à un premier invité.
Visiblement nerveux, le jeune Alexandre Barrette s'est présenté sur scène avec la lourde tâche d'être le premier à accepter le témoin des mains de l'animateur. Après quelques instants consacrés à des anecdotes qui ont plus ou moins levé, le jeune homme a finalement semblé trouver ses aises, la lettre dédiée à l'enfant de Vision mondiale dont il est le parrain (avec en chemin une demande formelle de se "serrer la ceinture" afin qu'il puisse se payer davantage de sonneries de cellulaires
s'avérant le point culminant de son numéro.
Si la prestation des Machines de l'humour n'a fait ni chaud ni froid, celle de Jean-Claude Gélinas incarnant son personnage fétiche de Réjean de Terrebonne aura quant à elle provoqué les éclats de rire les plus francs de la première partie. Sans verser dans la subtilité, l'homme de radio a néanmoins frappé droit au but avec un tour d'horizon sur les dysfonctions de notre société résolument plus punché que la prestation de François Léveillée qui, avec sa guitare, a abordé d'une manière un peu réchauffée le sacro-saint thème des relations hommes-femmes avant l'entracte.
Plus détendu
C'est après la pause qu'on a pu goûter à du Martin Petit à son meilleur. Manifestement plus détendu qu'en ouverture de spectacle, le grand comique a délaissé le temps de quelques minutes ses chaussures d'animateur pour adopter celles du monologuiste plus philosophe qui a fait de lui l'un des favoris des Québécois dans sa profession. Sa réflexion sur la peur d'avouer ses défauts et ainsi que ses deux ou trois blagues d'actualité bien placées auront probablement constitué ses faits saillants de la soirée.
Avant que les deux géants Réal Béland et François Massicotte ne viennent clôturer l'enchaînement de plus de trois heures, le gagnant du récent concours Mon premier Gala Juste pour rire, Jeremy Demay, a fait très bonne impression. Sans susciter d'éclats tonitruants, sa rhétorique démontrant que la chanson Je l'aime à mourir de Francis Cabrel serait finalement adressée à une lesbienne gothique, vandale, travaillant sur la construction et souffrant d'aérophagie (!), aura laissé croire que le premier gala de ce Français ne sera certainement pas son dernier.
Quant à Béland et Massicotte, ils ont fait le plaisir des spectateurs en se fiant à des formules éprouvées, le premier misant sur une absurdité qui est sienne et le second sur ses indéniables qualités de stand-up.
Les observations du blondinet désormais quadragénaire concernant l'hiver plus que neigeux duquel nous nous sommes sortis (il a avoué avoir manqué d'oxygène en jouant au Roi de la montagne
ont en bout de ligne assez bien résumé l'impression générale de la soirée.
Sans forcément passer à l'histoire, elles auront à tout le moins permis de nous faire oublier, le temps de quelques heures, un été tristounet en y injectant une bonne dose de chaleur. Et de rire, il va sans dire.









