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Course destination monde... avec un petit m pour Marc-Antoine Beaudette

 

Laura Martin
La Tribune

Marc-Antoine Beaudette roulait vers l'aéroport PET quand nos ondes cellulaires se sont touchées. Deux heures plus tard, il levait de terre vers Athènes. Pour rejoindre une croisière pépère? Vous le connaissez mal.

Le Sherbrookois a été préféré, parmi 800 candidatures des deux bords de la bassine Atlantique, pour participer à Müvmedia, une aventure cinématographique qui lui fera prendre le pouls de l'Europe, sac au dos et caméscope dans la paume, pendant trois mois. Une version 2.0 de la révolue Course Destination Monde.

«Je me sens très bien. Je me sens ouvert à tout ce qui va m'arriver», disait-il, serein, pendant qu'on le menait au précipice. Parce que cette aventure, c'est le vide. Le rien. Le seul. Le trou qui pourrait le faire tomber dans une carrière professionnelle, aussi.

Chaque semaine, pendant trois mois, le gars de 26 ans devra livrer un court métrage documentaire, qui sera diffusé sur les ondes de TV5 ainsi que sur le site www.muvmedia.tv, à compter du 21 septembre. Les films seront évalués par un jury qui en a vu d'autres: le comédien français Laurent Lucas, la réalisatrice Micheline Lanctôt et la comédienne Pascale Bussières, entre autres. Une bourse de 10 000 $ pour la réalisation d'une oeuvre sera notamment à l'enjeu.

Avant même d'avoir vu un seul tarmac, il sait déjà que son truc à lui, ce ne sera pas vraiment les conflits, la politique, les maux sociaux, les choses dont on parle en long à la radio et en large dans les journaux. «L'actualité, ce n'est pas ma force. Je préfère la rencontre des autres. Il va donc sûrement y avoir beaucoup de portraits. Je veux débusquer des histoires peu communes, loin des trucs touristiques.»

Ce sera une course destination monde avec un petit m. Une course à destination des gens, de leurs paroles, de leur unicité. Cette sensibilité de Beaudette s'était déjà sentie dans Artiste dans lame, documentaire sur un coutelier de Sawyerville qu'il a réalisé dans le cadre de la Course Estrie. Ce même docu lui a par la suite valu deux prix au concours Vidéaste Recherché.

«C'est d'ailleurs dans la Course Estrie que j'ai eu la conviction de vouloir faire du documentaire. J'y ai confirmé ma passion. Je m'y suis aussi formé à respecter des formats, des échéances. Cette fois, ce sera une autre paire de manches. Les tombées vont arriver plus vite. Ce sera assez intense. Mais le plaisir de l'affaire se trouvera sûrement dans les imprévus. On va sans doute tous se planter une fois, mais ce sera un contexte de création extraordinaire», prévoit le diplômé en graphisme qui est l'un des bras droits, depuis 2003, du cinéaste touche-à-tout Anh Minh Truong dans sa compagnie sherbrookoise Cri/Art.

D'abord, donc, la Grèce, mais elle ne servira que de glissade vers le Kosovo, où il entend appuyer sur le bouton «record» pour la première fois. Ensuite, la ligne de l'itinéraire qu'il a établi bariolera tout le continent, un zigzag entre la Serbie, l'Italie, l'Espagne, l'Irlande du Nord, la Norvège et la Pologne. «Ce n'est pas fixe. J'ai déjà des idées pour les films que je veux tourner, mais ce sont des bouées. J'espère me laisser guider par ce qui va m'arriver.»

Ça commence à Trudeau. On n'a aucune idée où ça va finir. Mais ça passera par des âmes.

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