Si ce passionné de la terre est connu pour son fort militantisme, il l'est aussi pour son franc-parler. Ainsi, il a profité de la tribune qui lui était offerte pour critiquer vertement les dernières actions du MAPAQ face aux fromagers québécois.
"Vous seriez déçus si je ne faisais pas un petit éditorial", a-t-il lancé sous les rires de la foule, au terme d'un vibrant hommage qu'il a rendu aux artisans de la ruralité. Il s'adressait au député de Richmond, Yvon Vallières, et à la ministre des Affaires municipales et des régions, Nathalie Normandeau, en tant que "représentants de l'État québécois".
Sans détour, il a accusé les "hystériques du MAPAQ (d'être) en train, au nom de la Santé publique, de tuer les artisans des fromages québécois, et leurs alliés, les fromagers marchands."
Immédiatement, il a indiqué l'importance qu'il accordait à la Santé publique. "Mais mon reproche est dans la façon de faire les choses, a précisé M. Proulx. La Listeria n'est pas une bactérie commune, c'est un épouvantail, une sorcière que l'on agite, et que l'on craint plus que la raison. C'est l'alibi actuel pour une vendetta contre les transformateurs de lait cru."
L'ancien président de l'Union des producteurs agricoles a aussi regretté que personne n'ait demandé qui allait payer les frais de cette campagne qui a mené des centaines et des centaines de kilos de fromages dans l'eau de Javel, qu'ils soient infectés ou non. "D'ici quelques jours, plusieurs (artisans fromagers) vont disparaître", a averti l'homme à qui on rendait hommage.
"C'est amputer l'avenir de la ruralité. On investit durant 15 ans dans un potentiel extraordinaire, et là, on vient de détruire ça. C'est la grande industrie du lait pasteurisé qui s'est réjouie en fin de semaine", a-t-il regretté.
Peu avant, l'homme, qui a d'abord fait sa marque en tant que président de l'UPA Estrie, puis de l'UPA, et enfin président de Solidarité rurale du Québec de sa fondation jusqu'à mars dernier, a dit avoir envie de prendre du temps pour lui, de passer le flambeau à d'autres.
La ministre Normandeau a plutôt rappelé que le nom de Jacques Proulx restera indissociable de l'agriculture et du monde rural, et qu'il demeurera une source d'inspiration pour les promoteurs du monde rural.
Dans une vidéo hommage, l'ancien premier ministre Bernard Landry a rappelé que le visionnaire avait été "l'inspirateur, le cerveau et l'âme de cette politique de la ruralité", qui a été mise en place sous son gouvernement et poursuivie par le gouvernement de Jean Charest. Une politique qui a permis la mise en oeuvre de plusieurs projets novateurs au sein des petites communautés de partout au Québec.
Le premier ministre Jean Charest a aussi souligné ce fait d'armes, et ajouté que M. Proulx, au cours de sa carrière, "a redonné à la ruralité ses lettres de noblesse".
Il a souvent été décrit comme un pionnier, un de ceux qui ont réussi à convaincre la classe politique de l'importance à accorder aux régions rurales. Un visionnaire grâce à qui le terroir est aujourd'hui tant valorisé. On a souligné l'audace de celui qui est devenu, au fil des ans, "la voix du monde rural".
Quatre prix
Quatre autres prix ont été remis au cours de la soirée à des agents qui ont contribué au changement dans leur milieu respectif. Dans la catégorie Mobilisation, le prix a été remis à la Société de développement du Témiscamingue. Le Prix excellence-innovation a été remis à TransporAction Pontiac. Plus près de nous, la Coalition du pacte rural de Saint-Joachim-de-Shefford s'est vue remettre le prix Organisme rural de l'année. Enfin, Jean Bergeron, du Bas-Saguenay, a mis la main sur le prix de l'Agent rural de l'année.











