Les médecins québécois n'ont pu lui donner une réponse.
Louise Saint-Germain, elle, a reçu un diagnostic de sclérose en plaques il y a trois ans et demi. Mais plus on la traitait, plus les symptômes s'aggravaient. «Les tremblements et étourdissements se sont multipliés. Je n'avais plus le goût de vivre», raconte-t-elle.
Les deux Estriens ont dû remuer ciel et terre pour se soigner. C'est aux États-Unis qu'ils ont trouvé leur salut. Là -bas, le test pour la maladie de Lyme, le Western Blott, rend un verdict positif alors qu'au Québec, l'ELISA ne reconnaît par leur maladie.
«Vos test sont vraiment positifs mais je n'ai pas les capacités pour traiter cette maladie. Je vous conseille de prendre ce que vous a prescrit votre médecin américain», aurait répondu à M. Vaillancourt un spécialiste du Centre hospitalier universaire de Sherbrooke en voyant le résultat de son test sanguin... américain.
De fait, au Québec, le plus récent rapport annuel du Laboratoire de santé publique reconnaît tout juste que la tique du chevreuil, qui transmet la bactérie responsable de la maladie de Lyme, est en train de s'implanter dans la province. Tandis qu'aux États-Unis, les Centers for Disease Control rapportent que le nombre de personnes infectées dépasse les 20 000 cas chaque année.
C'est lors d'un congrès américain que M. Vaillancourt a trouvé la solution à son problème. «Dans ma chambre d'hôtel, j'écoutais une émission où un homme visitait toutes les salles d'urgence pour trouver quelle maladie il avait. Ses symptômes étaient pareils aux miens. Et on apprenait finalement qu'il avait la Lyme», raconte-t-il.
Quelques semaines plus tard, après avoir rencontré un médecin au New Hampshire, le verdict est tombé. C'était en juillet 2007. En septembre, M. Vaillancourt suivait le traitement prescrit par son médecin américain, qui consiste à inhaler des antibiotiques. «Je dois en prendre jusqu'en 2010. C'est certain que de prendre des antibiotiques pendant aussi longtemps, ça fait peur. Mais je vais déjà tellement mieux. J'ai repris le goût de vivre. J'avais de la difficulté à parler avant et là , ça va mieux. Je ne fais plus de haute pression. J'ai recommencé à faire du sport.»
Selon lui, il y a une lacune notable dans le système de santé québécois. «Les médecins québécois doivent s'informer pour être capables de traiter la maladie. Le problème, c'est qu'ils ont peur de l'inconnu.»
C'est ce que croit aussi l'époux de Mme Saint-Germain, Denis Brouillard. Le couple de Martinville a engagé une bataille pour faire reconnaître la maladie par la médecine québécoise. Dans le cas de Mme Saint-Germain, le mauvais diagnostic ? et le mauvais traitement ? avaient eu le temps de faire des ravages. «Je voyais ma femme dépérir depuis cinq ans quand j'ai rencontré Serge Vaillancourt. Nous n'avons pas pris de chance et nous avons passé le test sanguin disponible au Québec pour détecter la maladie de Lyme puis celui aux États-Unis...»
Aujourd'hui Mme Saint-Germain va enfin mieux. Elle prend des antibiotiques prescrit par son médecin américain. «Nous n'avons qu'à aller aux États-Unis une fois par mois», dit M. Brouillard.
«Le système de santé est malade, ajoute-t-il. Les médecins d'ici ne veulent pas reconnaître cette maladie. Il y a sûrement des gens qui ont la sclérose en plaques ici, au Québec comme au Canada, ou plutôt qui croient qu'ils ont la sclérose en plaques. Et si c'était la Lyme? Et si ces personnes pouvaient être guéries? Nous devons faire quelque chose.»















