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Madame et monsieur se sont aimés...

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Madame et monsieur se sont aimés...

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Luc Larochelle

Luc Larochelle
La Tribune

Vous rêvez toujours de vivre dans l'Amérique plus juste de Barack Obama, idéalement sur la côte californienne?

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Geneviève Proulx

Archives La Tribune

À part le froid, nous y sommes quasiment, ces jours-ci, avec cette rocambolesque histoire hollywoodienne de madame Lola réclamant une partie de la fortune d'un homme devenu millionnaire, qui était tombé en amour avec elle sur une plage du Brésil. Lola se bat pour le droit des «ex» n'ayant jamais été mariés.

À peu près tout le monde connaît l'identité de ce richissime Québécois puisque l'internet répand le commérage à une vitesse exponentielle. Un secret cadenassé par nos lois protégeant les mineurs, mais aussi répandu que ne l'ont été ceux de l'identité des victimes des agressions sexuelles de Guy Cloutier ou de Dave Hilton. Il protège au moins d'une certaine dérive de la presse à potins, qui s'en donne à coeur joie avec les ruptures fracassantes. Comme celles Madonna ou Paul McCartney.

 

La pension mensuelle de 56 000 $ et les 50 millions $ exigés comme quittance du patrimoine familial font passer Lola pour un vampire.

Comment réussirez-vous à dépenser tout cet argent, est-ce vrai que vous fantasmez sur les hélicoptères, a malicieusement questionné l'avocat du nanti. C'est la première des injustices: si Lola avait été mariée, elle n'aurait eu de comptes à rendre à personne.

La deuxième des injustices, c'est que partout ailleurs au Canada, Lola n'aurait pas à se déshabiller ainsi sur la place publique puisque les lois sur le partage du patrimoine familial s'appliquent à tous les cas de rupture conjugale, aux conjoints de fait autant qu'aux personnes mariées.

La société distincte, où il y a plus de couples vivant en union libre que partout ailleurs au pays, n'est pas encore à la page.

À cet argument, plusieurs hommes prétendront que c'est justement pour éviter d'avoir une Lola à leurs trousses qu'ils n'accepteront jamais le mariage. C'est une fuite que l'État québécois ne devrait plus permettre.

Si au moment de la refonte du Code civil du Québec, nos législateurs ont jugé qu'il fallait protéger le niveau de vie du noyau familial autant que celui des enfants pour les couples mariés, pourquoi en seraient-ils autrement pour les familles vivant en union libre? Surtout que ce même État calcule les allocations familiales sur les salaires combinés des parents, mariés ou pas.

La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec a parfaitement raison lorsqu'elle dénonce le non-sens d'avoir deux catégories d'enfants au Québec, selon le statut civil des parents.

Je serais le premier à devoir accrocher mes avoirs à ceux de ma conjointe si le gouvernement du Québec abolissait ces distinctions puisque je ne suis pas marié. J'accepterais.

Par respect pour ma Lola et comme code d'honneur devant mes enfants.

//////

La cause de la famille Proulx de Sherbrooke commence à faire le tour du Québec dans le sillon de ce procès. Pour les mêmes motifs, mais dans le contexte d'un décès subit.

Notre collègue Geneviève Proulx recevait 736 $ par mois de son ex-conjoint pour pourvoir aux besoins de leurs deux enfants. Pension alimentaire calculée selon la grille de compensation pour enfants qui est la même pour les conjoints de fait que pour les couples mariés.

Le jeune homme dans la trentaine est décédé subitement.

La mère a perdu du coup le soutien financier de l'autre parent.

La Régie des rentes du Québec aurait versé à la mère une somme quasi équivalente à la contribution du père (715 $ par mois

s'ils avaient déjà été mariés. Pas de rente pour conjoint survivant sans contrat de mariage.

Et le contrat social d'élever des enfants?

Comme nous sommes toujours en couple, ma conjointe est bénéficiaire de ma police d'assurance-vie. S'il y avait rupture, j'admets que je serais tenté de transférer ces sommes à mes enfants. Ce serait leur faire un cadeau de grec.

Je les embarquerais dans une galère juridique puisque cet argent serait sous le regard de la Curatelle publique jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de la majorité. Ma Lola serait confrontée à toutes sortes d'avocasseries pour répondre aux besoins quotidiens de mes héritiers.

Lola, le prince sorti de son lit et son hélicoptère, c'est une grosse caricature des tracas financiers et des injustices qui touchent pas mal de monde.

 

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