L'économie estrienne a beau connaître des difficultés, comme en témoignent les manchettes des journaux, il n'en demeure pas moins que plusieurs entreprises se débrouillent très bien dans les circonstances.
Ainsi en est-il entre autres du spécialiste des quais flottants Candock, de Sherbrooke, et du fabricant d'embarcations pneumatiques Nautic & Art, de Windsor. Ces deux entreprises novatrices du secteur nautique sont en croissance et semblent promises à un bel avenir.
Alexandre Lamoureux, l'un des patrons de Candock, et qui agit comme directeur des opérations, se réjouit du succès de son entreprise spécialisée dans les quais modulaires flottants en plastique et dans les accessoires de quai.
«Nous avons connu une hausse de 40 % de nos exportations de quais flottants par rapport à l'an dernier au même moment, dit-il. On est contents: ça développe, ça progresse.»
Avec une esthétique légèrement retouchée de ses produits durables et non polluants pour l'environnement aquatique, Candock est à l'assaut des marchés étrangers et elle connaît du succès.
Et les quais de Candock, une compagnie sherbrookoise (Deauville) fondée en 1997, se retrouvent partout dans le monde: en Australie, en Europe, dans le nord de l'Afrique, au Moyen-Orient, dans les Caraïbes et même à Macao.
«Nos quais, c'est du polyéthylène de haute densité, extrêmement résistant et facile à recycler au besoin, fait valoir son associé Éric Laviolette, directeur du développement des affaires. C'est un produit garanti à vie, contrairement aux quais en aluminium ou en bois. Ça ne se dégrade pas dans l'environnement».
Dernièrement, Candock a prévu des quais qui recèlent dans leurs modules le câblage nécessaire aux services d'eau et d'électricité. «C'est destiné aux marinas. Nous l'avons présenté au Salon du bateau à Montréal en janvier et à celui de Miami en février», souligne M. Laviolette. L'entreprise a investi «plus de 200 000 $ dans ses nouveaux produits», dit M. Lamoureux.
Des trucs
Mais qu'est-ce qui explique les succès de Candock dans un contexte de ralentissement économique?
La réponse: un réseau de distribution étendu, une présence importante sur Internet, un produit propre, facile à installer et relativement peu coûteux, une fabrication confiée en impartition à des partenaires souples, intéressés et proches, puis les efforts et l'argent consacrés à la prospection et l'exportation, la livraison à temps, et enfin un service d'installation sur demande.
«Nous avons près de 60 distributeurs dans le monde, mentionne Alexandre Lamoureux. Notre marché australien est en pleine effervescence depuis deux ans et demi. Nous vendons au Moyen-Orient depuis quatre ans, par exemple au Qatar, au Bahrein, dans les Émirats arabes unis, en Arabie saoudite. Ils développent leurs infrastructures marines de loisir.» Pour l'instant, un peu plus de 40 % des ventes se font toutefois en Amérique du Nord.
Cet hiver, Candock a décroché «un projet de plus de 300 000 $ pour un bassin d'entraînement d'aviron à Adelaide (Australie), qui risque d'avoir des retombées pour trois ou quatre autres projets, dont deux cette année», signale M. Lamoureux. C'est sans compter un projet de 1 million $ au Cameroun.
«Il ne faut pas hésiter à mettre les efforts à l'international. Il faut faire les salons et ne pas avoir peur d'investir. Chaque année, on budgétise des sommes pour se faire voir à l'international», signale M. Lamoureux. «C'est tellement plus facile que ce qu'on peut croire, ajoute son associé. Et il ne faut pas se limiter aux États-Unis. Le retour sur l'investissement est six ou sept fois plus fort dans le monde à l'extérieur des États-Unis.»
Pour ses exportations, Candock bénéficie de l'aide d'Exportation et Développement Canada, un organisme qui se charge de garantir le paiement de 90 % des comptes recevables de l'étranger. Il faut tout de même certaines garanties en ce domaine lorsqu'on exporte par exemple un conteneur de 700 unités (blocs de quai) qui coûte 6500 $ de transport pour les 45 à 60 jours qu'il met à arriver à destination en Australie.
«Notre produit est moins cher même en le fabriquant ici. Et on a un contrôle de notre qualité», souligne M. Laviolette. «Ici», c'est chez Lefko, un sous-traitant qui emploie une centaine de personnes à son usine de Magog, dont «environ 15 % pour les contrats de Candock», précise le directeur général, Normand Lamoureux.
Lefko appartient notamment à Serge Lamoureux, le père d'Alexandre. Serge Lamoureux détient les deux tiers de Candock, et le reste appartient à Alexandre Lamoureux et Éric Laviolette.
Candock compte aussi un autre sous-traitant important, Soudure R.L., qui emploie deux personnes et fabrique ses accessoires de quais, comme les ancrages, passerelles, pare-chocs ou taquets d'amarrage.
Combien coûte un quai de Candock? Environ 26 $ le pied carré, soit 2600 $ pour un petit quai mesurant 5 pieds sur 20.
albert.berube@latribune.qc.ca











