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Le devoir de persuasion change de bord

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Le devoir de persuasion change de bord

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Imacom, Frédéric Côté

Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Sans avoir remporté la bataille, les promoteurs et les commerçants de l'arrondissement de Fleurimont ont obtenu un sursis de la décision quant au site d'implantation du Centre régional de foires. Ils ont ébranlé les convictions des élus municipaux à l'effet que le plateau Saint-Joseph est la seule option valable.

Dans leur analyse, les fonctionnaires avaient disqualifié le site de la 12e Avenue en concluant qu'il y avait incompatibilité totale entre un mégacentre d'expositions et la présence d'une cellule résidentielle comptant près de 600 habitations à l'intérieur d'un rayon d'un demi-kilomètre.

 «Le Centre Expo-Sherbrooke est ouvert depuis de nombreuses années, il a reçu des dizaines de grands événements; a-t-on déjà entendu des résidents de la rue Saint-Michel ou de la rue Parc s'en plaindre ? «, s'interrogeait il y a quelques jours la propriétaire du Motel Floral, Thérèse Bibeau.

Sur le critère de proximité, les fonctionnaires avaient collé un glacial zéro au site de l'est dans leur grille de pondération tout en accordant 150 points à celui du plateau. Certains élus de cet arrondissement l'ont plutôt mal pris, d'autant que c'est l'ancien directeur général de Fleurimont, René Allaire, qui a présidé le comité technique.

Les élus se posent comme arbitres face à l'arbitraire. Face à la supposition que les voisins n'auraient aucune tolérance et qu'il n'y a aucune cohabitation possible.

«Au-delà de la communauté des affaires qui nous parle, des gens ordinaires nous disent qu'ils sont très réceptifs à l'idée que le centre de foires s'en vienne dans notre arrondissement et le problème de bruit ne semble pas insoluble», soutient le conseiller Francis Gagnon.

Les premiers à convaincre que l'érection d'un mur ou un talus de 3,5 m serait suffisant pour les protéger contre le bruit seront les propriétaires d'édifices à logements et de maisons unifamiliales de la rue Brûlotte.

Le gestionnaire de quatre immeubles locatifs appartenant au groupe Rainville, Mario Bergeron, n'avait pas eu vent de rien.

«Je n'ai eu aucun contact avec des représentants de la Ville. À première vue, je doute que ce soit une très bonne nouvelle pour nous. Ça pourrait rendre la location de nos logements plus difficile», réagit-il.

Le travail de persuasion change de bord. Il ne suffira plus aux promoteurs Denis Custeau et Gérard Allard de prétendre que leur proposition serait moins coûteuse. Ils devront prouver qu'elle suscite une adhésion sociale, chose de plus en plus rare dès qu'on frappe à la porte d'une résidence pour annoncer l'arrivée d'un voisin aussi inattendu qu'un centre de foires.

Pour le moment, les partisans du plateau Saint-Joseph sont frustrés. Une des membres du comité d'implantation, Sylvie L. Bergeron, ne cache pas que des rumeurs de démissions circulent, dont celle du président Daniel Beaucage, si le site de l'est devait être choisi. L'hôtelier Réal Viens, des Jardins de ville, était à ce point furieux qu'il évoquait la possibilité de mettre son établissement en vente.

S'ici d'ici les quinze prochains jours, un vent de protestation se lève dans l'est, ceux qui croient aujourd'hui avoir gagné devront plutôt s'avouer vaincus.

 

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