«Nous avons des gens de tout le Québec qui sont venus participer, la plupart parce qu'ils ont la chance de jouer contre de grands joueurs. C'est une opportunité d'apprentissage inouïe», affirme le président du Club d'échecs de Sherbrooke et organisateur de l'événement, José Lopez.
Grosses pointures
De grosses pointures de l'échiquier avaient effectivement fait le trajet jusqu'à Sherbrooke pour se mesurer à leurs semblables, dont quatre maîtres internationaux et un grand maître (titres décernés aux joueurs les plus performants par la Fédération internationale des échecs). L'ancien champion canadien et Montréalais Jean Hébert, le Torontois Bator Sambuev et l'Espagnol Renier Castellanos étaient de la partie. Le jeune Grandbyen Nikita Kraiouchkine et la championne canadienne dans la catégorie des huit ans et moins, Kelly Wang, étaient aussi présents.
Si certains semblaient manquer de cheveux à tirer ou de menton à gratter pendant leur affrontement avec ces grands noms, peu étaient déçus de perdre contre eux, le simple fait de les affronter relevant de l'extraordinaire. «Cela est rendu possible grâce à notre formule à un seul niveau. Tout le monde peut affronter tout le monde, selon l'appariement des joueurs. La beauté de tout ça, c'est que c'est extrêmement enrichissant pour les joueurs», explique José Lopez.
Attirés par l'importance des prix il s'agit, d'un des tournoi les plus payants en Amérique du Nord, selon les organisateurs les grands des échecs ressentent le poids de la compétition. «C'est très compétitif quand tu joues pour la première place, ce qui n'est pas nécessairement le cas du joueur moyen», avoue le maître international et grand maître international par correspondance Jean Hébert, l'un des meilleurs joueurs du tournoi.
Quoiqu'il en soit, les cinq rondes de jeu (sans élimination) du week-end ont ravi la plupart des participants, jeunes et moins jeunes. Réunis dans la salle d'analyse après leur partie, quelques joueurs du Club d'échecs junior de Sherbrooke étaient plutôt fiers de leur première participation à un tournoi «adulte». «C'est difficile, mais je vois que je peux résister et jouer des bons coups qui surprennent les adultes. Plus tu perds, plus tu apprends», s'étonne Vladislav Volkov, 12 ans.
L'oeil aguerri, prêt à répondre à toute question interprétative du règlement, l'arbitre Bernard Ouimet, de Montréal, a pu se rincer l'oeil de bon coups sur l'échiquier. «Je suis joueur depuis l'âge de 15 ans. J'aime voir les patrons de jeu se développer sous mes yeux», mentionne-t-il entre deux questions de joueurs.
Et des patrons, il y en a eu de toutes sortes. Le premier prix (1000 $) est allé à Bator Sambuev, alors que le second prix (750 $) a été remporté par Kenneth Regan. La troisième bourse a été partagée entre sept joueurs, arrivés ex aequo. Finalement, le Sherbrookois Benoît Germain est reparti avec le prix Alexandre Saziouk, une bourse de 150 $ remis au meilleur joueur de Sherbrooke.










