Car à défaut de cela, les problèmes de surexploitation, de gaspillage, de contamination et de santé vont se multiplier, sans oublier l'impact des changements climatiques.
«Ce sont davantage des problèmes organisationnels que techniques. La solution est la gestion intégrée si on veut satisfaire un ensemble de besoins, contrer la pollution et préserver les écosystèmes», estime Jean-François Donzier, secrétaire général du Réseau international des organisations bassin.
Gaspillage effréné
Celui-ci ouvrait, lundi, le «Rendez-vous international sur la gestion intégrée de l'eau», au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke.
«On a un gaspillage effréné, avec une irrigation agricole inefficace, des fuites dans les réseaux urbains et 80 pour cent des rejets qui ne sont pas traités au niveau mondial», ajoute M. Donzier.
Autre exemple, chaque Québécois consomme 400 litres d'eau par jour, contre 150 pour chaque Européen.
«L'eau facile, c'est fini!» lance-t-il.
Selon lui, les pays devront d'ici 30 ans se doter de politiques de l'eau (le Québec en a une depuis 2002).
Et cela doit passer par la gestion par bassin versant, déjà implantée au Québec, en Ontario, au Brésil, en France et dans plusieurs autres pays d'Europe, par la mise en place de systèmes d'observation et de mesures, avec des fonds pour couvrir les coûts d'infrastructures et environnementaux.
«Si on fait la preuve qu'on a des outils et la volonté politique de mettre en place ces systèmes, on a toutes les chances de réussir», juge M. Donzier.
En France, par exemple, la gestion de l'eau repose sur deux principes: les services collectifs tarifés au mètre cube d'eau et une facture pour les infrastructures et les taxes, avec une redevance aux six agences de bassin versant du pays, réinvestie dans les infrastructures.
«C'est un système public. L'eau, affirme M. Donzier, est gratuite en France, vous payez pour les services et ça fonctionne bien. Le truc des factures, c'est pédagogique, on est en train de passer à un système de compteurs d'eau.»
Membre du Secrétariat international de l'eau pour le Burkina Faso, Jean-Bosco Bazié souligne pour sa part que les pays africains vivent à la fois des problèmes d'accès à l'eau et de qualité.
«Le bassin du fleuve Niger, par exemple, traverse neuf pays et dessert 110 millions de personnes. Il faut des moyens pour rendre l'eau accessible et il y a le coût du captage et de la production de cette eau», explique-t-il.
Nicole Saint-Martin, présidente sortante d'Oxfam-Québec, rappelle pour sa part que 97 pour cent de l'eau sur la terre est salée, donc impropre à la consommation humaine.
«Des trois pour cent restant, seulement un pour cent est accessible directement», illustre-t-elle.
Cette rareté, principalement en Afrique, en Asie centrale et au Moyen-Orient, fait en sorte «que des millions de personnes n'ont pas accès à l'eau ou ont accès à une eau polluée».
«Une crise globale en raison de l'eau est anticipée», dit-elle, soulignant que le phénomène des changements climatiques accentuera les problèmes de santé, de survie des écosystèmes, de sécurité alimentaire et même la stabilité de certains pays.











