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Une ville consciente de sa santé

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Une ville consciente de sa santé

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Il ne faut pas seulement alléger la charge du médecin, mais aussi assurer la meilleure continuité des soins.»  Dr André Munger

Imacom, Jessica Garneau

François Gougeon
La Tribune

(Sherbrooke) Dans le cadre d'une série lancée au début mai, à six mois des prochaines élections municipales, on s'intéresse aujourd'hui à la santé de Sherbrooke. Samedi prochain, on fait le point sur sa richesse culturelle.

Sherbrooke est définitivement une ville qui vit de la santé. Mais ses habitants sont-ils en santé pour autant?

 

Difficile à dire avec certitude, puisqu'il n'existe aucun palmarès complet sur la question permettant de comparer la santé globale des Sherbrookois avec celle du reste des Québécois.

Il y a bien des données sur l'incidence de telle ou telle maladie, qui touche moins ou davantage les Sherbrookois que le Québécois moyen. Mais encore là, un meilleur taux de détection de la maladie mis de l'avant par le CHUS vient parfois fausser ces statistiques.

Ce qu'on sait, à tout le moins, c'est que les décideurs sont plus que jamais conscients de l'importance d'unir les idées, les efforts et les ressources pour mieux accompagner la population.

«J'ignore jusqu'à quel point Sherbrooke est une ville en santé par rapport à d'autres au Québec. C'est sans doute ni pire ni mieux qu'ailleurs, mais chose certaine, on se donne les outils pour avoir la population la plus en santé possible», signale Chantal Dupont.

Cette administratrice d'expérience dans le réseau de la santé, qui travaille au CSSS-IUGS, est en mesure de voir le chemin parcouru jusqu'à maintenant pour développer un véritable travail en réseau.

«Le partenariat entre les établissements de santé et les différentes vocations assure une meilleure continuité de soins. Et ça se fait au bénéfice de la santé de la population», fait-elle observer.

Deuxième plus important employeur de l'Estrie avec quelque 5500 employés, le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) fait encore bonne figure dans le palmarès annuel des urgences de La Presse, paru récemment.

Ses deux hôpitaux, Hôtel-Dieu et Fleurimont, se classent respectivement aux 2e et 3e rangs des 18 hôpitaux universitaires du Québec avec des durées moyennes de séjour enviables de 13 h et de 11 h 06.

C'est bien mieux que la moyenne provinciale (17 h 06). Et c'est carrément la moitié du temps passé à l'urgence du pire hôpital universitaire à ce chapitre, l'hôpital Notre-Dame de Montréal, où les patients «patientent» plus de 27 heures en moyenne.

De saines habitudes de vie

Ce CHUS qui fait l'envie de bien des villes, un centre de santé et services sociaux (CSSS) également universitaire et des ressources inégalées en recherche tous azimuts représentent certes des atouts formidables.

Mais ça ne fait pas foi de tout. La promotion de saines habitudes de vie, par exemple, est un gage de meilleure santé populationnelle et de vieillissement bien réussi.

Tout maire et politicien soit-il, Jean Perrault en sait quelque chose. Encore plus depuis son implication dans le rapport portant son nom et qui commence à faire boule-de-neige.

«Le quart de nos enfants de moins de 18 ans fait de l'embonpoint. Les jeunes ne sont pas assez actifs... Il faut absolument réussir à virer la roue, sinon on se prépare une société hypothéquée par plusieurs problèmes de santé», s'inquiète M. Perrault, tout en restant optimiste.

«C'est un changement de culture complet qui doit se faire. Et ce n'est pas juste l'affaire d'une ville et du ministère de la Santé, mais de tout le monde sans exception», dit-il, citant dans la foulée le secteur scolaire.

Santé globale, modèle d'avenir

Or justement, de ce côté, l'implantation «made in Sherbrooke» d'un réseau d'écoles de Santé globale, qui essaime ailleurs en Estrie et au Québec, offre un beau modèle d'avenir.

Comme son nom l'indique, le concept favorise la santé à tous points de vue et a même un impact positif sur la persévérance scolaire.

«J'en ai des témoignages régulièrement, fait valoir l'un des premiers responsables de l'implantation du programme, Marc Perron, directeur de l'école Desranleau. Et le jeune qui a débuté au primaire en Santé globale veut poursuivre au secondaire et aimerait pouvoir le faire au cégep. Il y a même des listes d'attente. C'est sûr que c'est un système à développer.»

«Même chez des adultes ayant eu un épisode de maladie très grave, comme de type cardio-vasculaire, cancéreuse ou autre, il est possible de changer ses habitudes de vie et de connaître une belle longévité», confie pour sa part le Dr André Munger, médecin-coordonnateur du CSSS-IUGS de Sherbrooke.

«En ce sens-là, poursuit-il, je dirais que Sherbrooke est une ville en santé, quand je vois par exemple des initiatives comme celles de la promenade du Lac-des-Nations, où se multiplient les clubs de marcheurs... Mais il ne faut jamais oublier que, malgré tous les efforts collectifs pour améliorer les choses, la volonté personnelle et la capacité de se prendre en main peuvent faire une grande différence. L'important, c'est d'outiller les gens.»

 

Ressources humaines dans les services de santé à Sherbrooke

(par tranche de 100 000 habitants)

Sherbrooke / Moyenne au Québec

Médecins omnipraticiens 148 / 101

Médecins spécialistes 125 / 107

Infirmières 1089 / 562

Infirmières auxiliaires 187 / 143

Préposés aux bénéficiaires 572 / 353

Dentistes 52 / 50

Source : Portrait de santé de l'Estrie et de la Ville de Sherbrooke 2006 de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie

 

Portrait de la santé globale des 150 000 Sherbrookois

> 53 000 personnes de plus de 20 ans ont un excès de poids.

> Augmentation de 49,7 % du nombre de diabétiques entre 2001 et 2005 (de 4005 à 5995 personnes).

> 65 000 personnes ne consomment pas suffisamment de fruits et de légumes (cinq fois ou plus par jour).

> Le tabagisme est présent chez 25,9 % de la population de 12 ans et plus.

> 23 000 personnes consomment de l'alcool de façon excessive (5 consommations ou plus 12 fois l'an ou plus).

> Un taux plus élevé d'angioplasties et de chirurgies d'un jour que la moyenne québécoise.

> La pratique de césariennes à l'accouchement est plus faible qu'au Québec (17,7 % à Sherbrooke, 22,1 % dans la province).

> Près d'une personne sur cinq (19,5 %

vit sous le seuil de faible revenu, légèrement au-dessus de la moyenne nationale de 19,1 %.

> 45,4 % des garçons et 28,7 % des filles ne terminent pas leur secondaire.

 

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