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Et si la solution passait par la coopération?

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Et si la solution passait par la coopération?

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Claude Béland

Imacom, Christian Landry

Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) La coopération et le mutualisme peuvent-ils offrir une alternative au néo-libéralisme et à une économie basée sur la spéculation, la surconsommation, l'endettement et les crises à répétition?

Claude Béland, président du Mouvement Desjardins de 1987 à 2000 et auteur du livre Plaidoyer pour une économie solidaire, en est persuadé.

«Il faut créer des contre-pouvoirs, des associations de citoyens, des coopératives et des mutuelles. Il s'agit pour nous de raccorder les idéaux d'hier aux réalités d'aujourd'hui», dit-il.

Conférencier invité de l'IRECUS (Institut d'éducation et de recherche pour les coopératives et les mutuelles de l'Université de Sherbrooke), hier, M. Béland a fait écho à de nombreux intellectuels pour qui un autre monde est possible, un monde basé sur la société civile, l'équité, et la démocratie.

«Nous devons redonner plus de pouvoirs aux citoyens, développer l'économie sociale et la coopération», plaide M. Béland, aujourd'hui président du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) et professeur associé à l'IRECUS.

Devant quelques dizaines d'étudiants, d'enseignant et de coopérateurs, il a rappelé que malgré plusieurs crises depuis 1973 (pétrolière, boursière, immobilière et financière), «le néo-libéralisme a triomphé, avec la pensée unique du désengagement de l'État et de la déréglementation».

Or, fait-il valoir, la coopération, une doctrine basée sur l'adhésion volontaire, la démocratie, le contrôle par les membres, l'éducation et l'inter-coopération, est parfaitement en phase avec l'émergence de la société civile et de l'alter-mondialisme.

«Le coopératisme veut réhabiliter le courant civilisateur. Il y a une alternative, on le voit avec le Grand forum social mondial. Je pense que tout est là, le changement ne viendra pas de ceux qui profitent du système actuel, ni des gouvernements. La solution est dans le coeur de l'homme», croit Claude Béland.

Autre conférencier invité, Pierre Genest, président du conseil d'administration du groupe financier Mutuelle SSQ, a fait la genèse de la crise financière aux États-Unis, conséquence de la déréglementation et du surendettement des ménages et des institutions financières, notamment.

«De 332 milliards $ en 2003, le montant des hypothèques à risque est passé à 1300 milliards $ en 2007. Plus de deux millions de maisons ont été saisies en 2009», a-t-il illustré.

Et selon lui, «on en a jusqu'en 2011».

«La crise du crédit a eu un effet domino avec une contraction de 6,3 pour cent de l'économie américaine, le repli de la consommation, le recul des mises en chantier et 3,5 millions de pertes d'emploi depuis 2008», indique M. Genest.

Mais le gouvernement américain, dit-il, a appris du passé.

Plutôt que de répéter les erreurs de la crise de 1929 (resserrement du crédit et imposition de tarifs douaniers), il a « n'a pas brisé le commerce international ni tué le crédit».

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