Directrice générale au Centre de santé et des services sociaux de Memphrémagog (CSSSM), Monique Corbeil est bien au fait du phénomène. Son organisation doit s'adapter à ce vieillissement accéléré en bonifiant son offre de services. À cette fin, il lui faudra nécessairement un rehaussement budgétaire.
Pour qu'on comprenne bien le phénomène frappant Magog, Mme Corbeil note que 25 pour cent des habitants de la MRC de Memphrémagog auront plus de 65 ans en 2016. Or, cette situation ne se produira que 10 ans plus tard dans l'ensemble du Québec.
«Dans un milieu où la population est vieillissante, les soins de santé doivent être disponibles localement. Ça devient un enjeu de sécurité pour les personnes âgées, qui souhaitent pouvoir rester dans leur milieu», explique la directrice générale du CSSSM.
Entre autres, Monique Corbeil juge essentiel que son organisation offre davantage de services à domicile et ambulatoires. Elle désire également qu'on «rapproche les services de chimiothérapie et de la cataracte» afin que les patients de la région magogoise aient moins à se déplacer.
Et si le CSSSM n'était pas en mesure d'effectuer le virage qui s'impose, faute d'argent ou de ressources humaines, elle pense que le milieu magogois s'en ressentirait probablement. «L'offre de soins de santé est un critère pour les babyboomers désireux de s'implanter dans un nouvel endroit», note-t-elle.
Toutefois, bien qu'elle insiste sur l'importance d'un financement accru, Mme Corbeil soutient qu'un nouveau partenariat entre la population et les intervenants du système de santé devra voir le jour.
«Il faut que les gens prennent en charge leur santé en mettant à profit les informations que leur transmet le réseau de la santé. Ça fera des personnes plus libres si les gens peuvent se donner certains soins. Notre réseau a aussi un cheminement à faire pour que ce partenariat se développe.»
Et la famille?
Alors que le vieillissement de la population se fait en accéléré à Magog, les familles avec enfants s'appauvrissent, selon le constat dressé par la présidente de la Maison de la famille Memphrémagog, Suzanne Cournoyer.
«De nombreuses pertes d'emplois ont eu lieu. On observe un appauvrissement de la classe moyenne depuis deux ans. Ça fait en sorte qu'il y a beaucoup de pression dans les familles et les enfants la ressentent. La violence familiale semble avoir augmenté», déclare Mme Cournoyer.
À cause des transformations qui s'opèrent dans le milieu, la Maison de la famille Memphrémagog a senti le besoin de revoir son offre de services. «Les familles ont besoin de soutien. Des parents cumulent parfois deux ou trois emplois pour arriver. Ils ont besoin de répit et on essaie de leur en donner», mentionne la présidente de l'organisme.
Suzanne Cournoyer estime que, de manière générale, les familles avec enfants sont bien desservies par les organisations locales. Elle a notamment de bons mots pour la Ville de Magog et la politique familiale qu'elle a adoptée ces dernières années.
Néanmoins, elle croit nécessaire que le milieu s'intéresse davantage aux enfants de 5 à 18 ans. «Il y a du chemin à faire pour mieux les soutenir. Par exemple, on manque de plateaux sportifs à Magog.»










