La photo remonte à octobre 2007, presque deux ans, sans que l'on ait entendu la moindre protestation.
La nouvelle avait pourtant largement circulé. La Tribune, d'autres médias de l'Estrie ainsi que le journal universitaire Liaison avaient d'ailleurs rapporté la ventilation de la somme promise: 5,8 M $ en soutien à la recherche en génie et pour des bourses d'excellence à l'Université de Sherbrooke; 1,8 M $ pour le projet Femme Jeunesse Famille du CHUS; 600 000 $ pour agrandir le centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie et une somme à peu près équivalente pour un nouveau pavillon à l'hôpital Charles-Lemoyne de Longueuil; finalement, 180 000 $, des miettes en proportion du montant global, pour des laboratoires au Séminaire de Sherbrooke.
L'occasion était belle pour les médias nationaux d'aller renifler de possibles odeurs de scandales puisque la cérémonie de remise de chèque a eu lieu dans leur cour, au siège social d'Hydro-Québec, dans la tour à bureaux abritant aussi les quartiers du premier ministre Charest. Neuf millions pour Sherbrooke, ce n'était quand même pas une contribution de routine d'Hydro-Québec. Mais non, c'était à l'époque de la poutine locale sans intérêt pour la presse nationale.
Là, parce que le président Vandal a mis les doigts dans une prise et s'est infligé un sévère électrochoc en se plaçant maladroitement en conflit d'intérêts avec l'aide financière apportée à une fondation scolaire qu'il préside, les miettes attirent des souris qui les prennent pour du fromage.
On plonge carrément dans le népotisme : «l'école de Jean Charest « reçoit des cadeaux, mais pas les autres. Une école privée, par surcroît. La présidente de la Fédération des commissions scolaires s'indigne et crie à l'injustice.
Nos enfants rentrent à l'école, on exigera d'eux qu'ils soient attentionnés et studieux tout au long de l'année scolaire. Ça ne vous tenterait pas qu'on leur montre l'exemple, qu'on s'impose un minimum de rigueur intellectuelle avant de grimper sur les bureaux et se mettre à lancer des chaises par les fenêtres ? Autrement, les p'tits torrieux, ils pourraient nous faire le coup cet hiver...
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La campagne Ensemble, une première, a été lancée en 2005 par les cinq partenaires précédemment nommés, qui ont cru à l'avantage de s'unir pour recueillir des fonds. Ils visaient 90 M $ et ont récolté 106 M $. Plus lumineuse que sombre et scabreuse, la formule du tous pour un.
Se pose la question à savoir pourquoi ce «pool d'argent» n'a pas aussi été offert ou n'a pas profité au Cégep et la Commission scolaire pour qu'ils récoltent eux aussi ne seraient-ce que les miettes. Le Cégep était à mi-chemin de sa campagne autonome triennale.
Il n'est pas dit que cela n'arrivera pas un jour, mais pour cette première, le cercle s'est limité aux institutions qui avaient un lien universitaire. Dans le cas de l'UdeS, du CHUS et du CSSS-IUGS, ce lien est évident. Comme il l'est aussi pour l'hôpital Charles-Lemoyne, qui est associé à la faculté de médecine de Sherbrooke en Montérégie.
Le Séminaire n'est pas un corps étranger parachuté, il est l'embryon de l'activité universitaire à Sherbrooke. C'est la dissolution de la charte du Séminaire Saint-Charles-Borromée, en 1954, qui a donné naissance plus tard à l'Université. Les célébrations du 50e anniversaire, en 2004, ont inspiré un retour aux sources, duquel découle le partenariat financier de la campagne Ensemble.
Le lien entre le Séminaire et la subvention d'Hydro-Québec remonte à une époque où Jean Charest, qui est âgé de 51 ans, n'était même pas né!
Bien sûr que, pour le Séminaire, de pouvoir se coller à l'Université ou au CHUS pour avoir accès au buffet des gros portefeuilles est un privilège. Un privilège historique.
Y voyez-vous quelconque imposture ou des manigances crasses au détriment d'autres écoles publiques ou privées? Pas moi.











