«Au cours des quatre dernières années, nous avons dû congédier six à sept recrues qui ne répondaient pas à nos critères. Sur le terrain, ils ne répondaient pas aux attentes de notre service de police», mentionne le directeur du SPS, Gaétan Labbé.
Qu'en est-il du processus de sélection au Cégep de Sherbrooke? Comme les changements à l'ÉNPQ sont à venir, cela ne change pas «grand-chose» au processus d'admission pour le moment, explique Tom McConnell, coordonnateur du programme de techniques policières au Cégep de Sherbrooke.
Actuellement, les candidats sont sélectionnés d'abord par les notes, puis ceux qui sont retenus doivent passer des épreuves physiques. Ceux qui se rendent au bout du processus doivent ensuite passer un test médical et se soumettre à une vérification de leurs antécédents judiciaires. Aucune entrevue n'est effectuée, et pour le moment, il n'est pas question d'ajouter cette étape de sélection. Il faudrait trouver un système extrêmement étanche pour passer 150 candidats en entrevue, explique M. McConnell. Au total, environ 64 étudiants sont retenus.
Selon lui, la donne est très différente au Cégep, puisque les formateurs accompagnent les futurs policiers au début de leur parcours, alors qu'ils sont encore très jeunes. «Quand on les a, quand ils arrivent, on met beaucoup l'accent sur le savoir-être. On est muni d'un code de déontologie appliqué par le conseil d'administration, d'un code de discipline (...) Tout le monde se vouvoie ici.»
L'ÉNPQ souhaite soumettre les futurs policiers à un test de jugement situationnel et travaille à valider un test importé des États-Unis pour évaluer les comportements dérogatoires.
«Ce test permettra de détecter les comportements incompatibles chez les futurs policiers. Nous souhaitons vérifier leur perception face à la violence, au racisme et au sexisme. Un questionnaire sur les données biographiques permettra d'en connaître davantage sur les candidats», mentionne Pierre Saint-Antoine, directeur des communications à l'ÉNPQ.
L'ÉNPQ soutient que le principal objectif de cette refonte des critères d'admission est d'offrir la meilleure sécurité publique au Québec.
«Quand la génération Y est arrivée, c'est nous qui avons dû s'adapter. On est encore en train de changer, il y a toujours des petits changements, note Tom McConnell. Les corps de police s'attendent à avoir un produit fini qui correspond à la moyenne des policiers qui sont déjà en place. C'est correct. Comme directeur de police, probablement que je m'attendrais à la même chose, parce que je ne vis pas au Cégep. Mais est-ce qu'on peut modifier une génération pour la mouler à quelque chose que l'on veut avoir en produit fini? Ça ne sera pas différent de ce que les jeunes pensent en soins infirmiers ou en informatique.»











