Le chef du NPD, Jack Layton, sera de passage à Austin, mercredi prochain, pour une activité de financement en faveur de son candidat de Sherbrooke, l'animateur de télé Yves Mondoux.
«Il est arrivé tard dans le décor lors de la dernière campagne et il a été laissé à lui-même. Malgré cela, il a obtenu d'excellents résultats. Cette fois, nous allons lui fournir du monde, de l'argent et son travail sera appuyé par une permanence régionale durant la campagne», promet le député Thomas Mulcair, lieutenant québécois du NPD.
Vrai, avec peu de moyens, Yves Mondoux a récolté 2000 votes de plus que son prédécesseur à l'élection de l'automne 2008. Avec 13 % d'appuis, il a franchi la barre pour obtenir un remboursement de ses dépenses électorales. Mais la marche est haute: Serge Cardin a été réélu avec plus de 50 % du vote exprimé lors des deux dernières élections générales et il a devancé sa plus proche rivale, la libérale Nathalie Goguen, par plus de 15 500 voix en octobre dernier.
«Les libéraux et les conservateurs ont tour à tour opposé un candidat-vedette au député Cardin, sans résultats convaincants. L'adversaire d'envergure, cette fois, c'est nous qui l'avons. Yves Mondoux est populiste et représente une valeur sûre pour sortir du cul-de-sac du Bloc québécois», fait valoir le député Mulcair en pointant l'ex-recteur Bruno-Marie Béchard ainsi qu'André Bachand.
Des ambitions que le principal intéressé pondère de réalisme.
«Déloger un député comme Serge Cardin est une tâche colossale. J'aurais été le premier à l'appeler pour le féliciter de s'être lancé dans la course à la mairie de Sherbrooke...» blague Yves Mondoux.
«Mais M. Cardin ne sera pas éternel. Il faut préparer le changement et la période économique actuelle est propice aux remises en question. Nous payons le prix de l'égoïsme. Souvenons-nous à quel point les Québécois ont été solidaires durant la crise du verglas. Pourquoi ne pas avoir la même attitude au quotidien?» poursuit-il.
Yves Mondoux recevra son chef ainsi que ses bailleurs de fonds à sa maison éco-énergétique d'Austin.
«Je veux montrer les gestes concrets qui sont à la portée de tous pour agir de manière plus responsable. M. Layton a déjà pris l'engagement d'appuyer le Centre de recherche en haute technologie que je souhaite implanter dans la région pour l'avancement des connaissances dans la conception autant que dans la construction d'habitations».
Bien que les nominations partisanes du gouvernement conservateur aient défrayé la manchette, M. Mondoux entend relancer le sujet en critiquant le parachute professionnel dont André Bachand a hérité avec sa nomination comme représentant du Canada à l'UNESCO.
«Comme d'autres, je me suis demandé si cette nomination était justifiée ou si elle ne reposait que sur des accointances politiques. Sauf que ce n'est pas dans ma nature de dénigrer. Tant mieux pour M. Bachand s'il méritait le poste», se limite-t-il à dire.
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«Les néo-démocrates peuvent nourrir les ambitions qu'ils veulent pour Sherbrooke. La réalité, c'est qu'ils étaient quatrièmes au fil d'arrivée il y a un an. C'est notre parti qui a enregistré la meilleure progression», rappelle la présidente de l'Association libérale fédérale (PLC) de Sherbrooke, Me Marie-Sophie Demers
«La performance de Nathalie Goguen a galvanisé les troupes. D'excellents candidats sont en réflexion, nous ne resterons pas les bras croisés», annonce-t-elle.
Comme on le sait, Mme Goguen a choisi de tenter sa chance en politique municipale plutôt que d'être à nouveau candidate à l'élection fédérale.
La présidente du PLC-Sherbrooke prétend que plusieurs militants sont rentrés au bercail. Elle cite en exemple son confrère de bureau, l'avocat Jean-Claude Boutin, un libéral notoire, ayant fait campagne l'automne dernier dans le camp conservateur d'André Bachand.
«Le flirt passager est terminé. Pour mon collègue comme pour un certain nombre de nos militants qui, pour toutes sortes de considérations, ont misé la dernière fois sur M. Bachand», affirme-t-elle.
Bien. Sauf que les libéraux fédéraux ont eux aussi des croûtes à manger. Ils pédalent dans le beurre depuis la défaite du dernier député libéral, Iréné Pelletier, en... 1984.»











