Avant de partir...

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Jean Perrault      ... (Imacom, Frédéric Côté)

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Jean Perrault

Imacom, Frédéric Côté

Luc Larochelle

Luc Larochelle
La Tribune

Pour faire un chiffre rond, Jean Perrault a participé lundi soir à sa 800e réunion publique du conseil municipal de Sherbrooke dont plus de la moitié comme maire. Ce fut aussi sa dernière.

«Ma femme m'a dit: je sais que c'est une journée importante pour toi. Ça ma convaincu de porter mon habit du dimanche. Il m'est arrivé ces derniers temps d'avoir des trémolos dans la voix, par fierté, et non parce que je suis triste à l'idée de partir», confiait-il quelques heures avant ce dernier rendez-vous.

 

Les politiciens sont jugés aux quatre ans mais deux séances publiques par mois durant 27 ans, c'est une exposition peu commune à la grogne populaire.

«L'une des séances les plus corsées dont je me souvienne a été celle du vote pour le déplacement de la caserne de l'Est vers la rue Lavigerie. C'est mon vote qui a tranché. Ça brassait pas mal», se remémore le maire Perrault.

Des citoyens du secteur s'opposaient farouchement à ce déménagement des sapeurs, craignant que le va-et-vient des véhicules d'urgence compromette leur quiétude.

«Ma décision la plus difficile comme maire a été d'ordonner l'évacuation des foyers menacés par les biogaz. J'étais conscient que c'était une intrusion dans la vie privée de gens. Nous nous devions de suivre l'avis des experts».

La «recrue Perrault» n'en menait pourtant pas large, en 1982, lorsqu'elle a pris place autour de la table pour une première réunion du conseil.

«J'étais assis à côté de Gérard Déziel, un monument politique à Sherbrooke. J'étais impressionné. Je connaissais peu de choses du fonctionnement de l'appareil municipal. Mon intérêt était principalement pour le sport».

À cette époque, Jean Perrault dirigeait le Centre d'activité physique (CAP) du Collège de Sherbrooke. La région venait d'enrichir quelques-uns de ses plateaux sportifs de retombées olympiques des Jeux de Montréal. L'Université Bishop's avait des installations relevées tandis que le pavillon Univestrie ouvrait ses portes.

Lundi, le maire qui part était un fier acteur d'un nouveau départ.

«Jamais je n'aurais imaginé que, 30 ans plus tard, comme maire, j'annoncerais la contribution des Sherbrookois à un projet majeur comme celui de Bishop's» s'est réjoui M. Perrault sur le campus des mauves.

Qui aurait cru, il y a 30 ans, que Lennoxville serait un jour fondue dans Sherbrooke? Symbole de l'ère Perrault.

«Jean a inspiré confiance aux membres de notre communauté et lui a toujours manifesté une attention particulière», témoigne le président de cet arrondissement, Douglas MacAulay.

«Je doute que l'ancienne ville de Lennoxville aurait été assez riche pour débloquer 3 M $ pour aider Bishop's comme nous le faisons aujourd'hui. En même temps, cela traduit l'importance que le milieu francophone de Sherbrooke accorde à la communauté anglophone. Nous sommes un atout les uns pour les autres», de commenter le Jean Perrault rassembleur.

Cette subvention de 3 M $ aurait représenté près de la moitié de ce qu'était le budget d'opération de Lennoxville au moment de la fusion en 2002. C'est tout dire.

«Je ne peux pas témoigner de cette époque car je n'y étais pas. Chose certaine, le maire Perrault a été un précieux allié. En m'offrant son soutien, il m'a donné la confiance pour pousser le dossier. Ce complexe sportif fera partie de son héritage», réagit le principal de Bishop's, Michael Goldbloom.

La contribution municipale a fourni à la ministre Monique Gagnon-Tremblay les arguments dont elle avait besoin pour fermer rapidement le dossier.

«Je savais que l'Université Bishop's ne disposait pas des fonds pour assumer sa part. Déjà que nous étions chanceux de pouvoir obtenir une réponse favorable du fédéral sans la formule de financement du tiers-tiers-tiers» met en contexte Mme Gagnon-Tremblay.

Jean Perrault multiplie les annonces depuis les vacances.

«Deux autres dossiers majeurs me tiennent à coeur et je compte bien les annoncer avant de partir», promet le maire Perrault.

Prenez pour acquis que la mise en chantier du Centre de foires est pour bientôt et que le futur complexe sportif du groupe piloté par Jocelyn Thibault est dans la poche.

L'ovation à laquelle M. Perrault a eu droit hier soir en fin de séance à l'hôtel de ville était méritée. Pleinement méritée. D'ailleurs, j'ai applaudi moi aussi. En de pareilles circonstances, un journaliste a droit de déposer son crayon pour poser le geste d'un citoyen reconnaissant.

 

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