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Hélène Gravel      ... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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Hélène Gravel

Archives La Tribune, Frédéric Côté

Luc Larochelle

Luc Larochelle
La Tribune

Les administrateurs des organismes et institutions de Sherbrooke sont en mode écoute durant une campagne électorale. Ils se font discrets, s'imposent un droit de réserve, prétextant ne pas vouloir interférer dans l'exercice du pouvoir démocratique dévolu aux électeurs.

Seul Claude Forgues, le président de la Corporation de développement économique et communautaire (CÉDEC), a accepté de commenter hier la proposition d'Hélène Gravel de réunir tous les acteurs de soutien aux entrepreneurs sous le même toit.

 

«Le lieu commun m'apparaît bien accessoire à côté des projets communs que nous pouvons mener de front en des lieux distincts avec le renforcement de nos collaborations. Par contre, alors que d'autres avaient carrément ignoré les volets communautaires et de l'économie sociale, Mme Gravel a le mérite de nous inclure dans sa vision du développement», réagit-il.

Si Mme Gravel devient le 1er novembre prochain la première femme à occuper la mairie de Sherbrooke, tout porte à croire qu'elle devra se lancer dans un exercice de persuasion s'annonçant plutôt ardu avant d'inaugurer la Maison de l'Innovation.

Son premier test là-dessus, elle le passera sans doute lors des débats qui se succéderont au cours des semaines à venir. Compte tenu du peu d'emballement perceptible, pour l'instant du moins, ses adversaires ne manqueront pas de lui reprocher de vouloir bousculer pour imposer ses quatre volontés à des entités autonomes liées les unes aux autres par des ententes de partenariat fraîchement renouvelées. Pas bon pour l'image.

François Godbout sera tenté de frapper sur le clou en se présentant comme un exemple concret de la mise en commun des ressources, lui qui, avant de se lancer dans la course à la mairie, a été recruté comme émissaire du pôle universitaire pour unir la communauté scientifique au milieu des affaires par l'entremise de la Corporation de développement économique de l'Estrie.

En persistant dans la voie du «vivre ensemble», Mme Gravel risquerait de saper d'autres mesures de sa politique économique, beaucoup mieux accueilles celles-là, dont l'allocation d'un budget supplémentaire de 1 M $ pour le financement de projets en démarrage. En insistant, elle s'exposerait également à devoir répondre à cette chatouilleuse question: avant de créer un super ministère local, est-ce qu'on commence par unifier les deux chambres de commerce?

Personnellement, j'éviterais le sujet. Les braises de l'empoignade sur la localisation du Centre de foires sont encore chaudes. Même si la Chambre de commerce de Fleurimont n'a pas remporté la bataille, elle a renforcé son identité auprès de la communauté d'affaires de l'Est.

Son président rentre par ailleurs à Sherbrooke avec l'honneur d'une distinction provinciale pour le programme de revitalisation de la rue King Est. Pas tout à fait le moment pour un politicien d'oser prétendre que la «p'tite» Chambre devrait s'éclipser, disparaître, aller habiter avec sa grande soeur pour économiser sur les coûts du loyer.

À la place de Mme Gravel, je commencerais dès maintenant à ajuster le discours: vivre en commune réfère à un état d'esprit, à l'intérêt et l'ouverture portée à autrui, pas nécessairement au partage du même lit.

/////

Notre commissaire à l'exportation recruté à Drummondville (dont je vous ai parlé hier est une béquille temporaire. L'organisme Carrefour Québec International a été embauché pour deux ans le temps qu'IDES complète l'élaboration de sa structure et procède à l'embauche d'une personne qu'elle affectera spécifiquement à cette tâche.

La direction d'IDES a d'ailleurs souscrit à l'idée de recourir à cette ressource externe (qui dépêchera un de ses employés à Sherbrooke pour l'exécution du contrat compte tenu des circonstances.

La région peut difficilement se permettre d'attendre plus longtemps pour stimuler les projets d'exportation des entreprises estriennes étant donné que notre pénétration des marchés étrangers décline sans cesse depuis 2002 (recul de 3,7% des exportations de 2002 à 2006, donc avant la récession).

Bernard Sévigny sera heureux d'avoir tiré dans le mille en présentant l'embauche d'un commissaire à l'exportation comme une priorité. M. Sévigny parviendrait-il à devancer l'échéancier de l'été 2011 avec lequel la nouvelle agence économique de Sherbrooke semble vouloir composer?

Chose certaine, compte tenu de l'étendu des ravages économiques dans le secteur manufacturier, il ne se trouverait pas grand-monde pour se plaindre d'une duplication temporaire.

 

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