«Je m'attendais à peu près à ça comme sentence. Ce n'est pas beaucoup. La loi est mal faite. Il a eu 13 ans de prison, mais je pense qu'il n'en fera pas deux parce qu'il aura une libération conditionnelle. Il faudrait que les criminels de ce genre fassent leurs peines au complet», déclare Marcel Dion, qui a perdu 40 000 $.
«Dans une couple d'années, Vincent Lacroix va faire une bonne vie. Je suis sûr qu'il a de l'argent caché à un endroit et qu'il en profitera», lance M. Dion.
D'après cette victime de Norbourg, les gouvernements devraient réviser leur législation afin que les «bandit à cravates», tel que plusieurs les nomment désormais, soient davantage punis. «Il serait aussi important qu'on effectue de meilleures vérifications des activités des conseillers financiers.»
Présent au Palais de justice de Montréal vendredi pour entendre le prononcé de la sentence, Pierre Gravel affirme quant à lui que «13 ans de prison pour 9200 personnes fraudées, c'est une farce!»
M. Gravel, qui a subi une perte de 100 000 $, reconnaît cependant que la cour a «fait avec les lois qui existent». À ses yeux, la balle est dans le camp des politiciens, mais il déplore «qu'ils ne livrent pas la marchandise» dans le dossier des crimes économiques.
«Il faudrait augmenter les peines. Dans un cas comme celui-là , 25 ans derrière les barreaux, ça devrait être le minimum. Les partis politiques nous disent qu'ils vont changer la loi. Pourtant, rien ne bouge. Pendant ce temps, il y a de nouveaux cas de fraudes à toutes les semaines», lance-t-il.
Un ancien directeur du bureau de Norbourg à Magog, Richard Paré, tient un discours similaire. «Il a eu le maximum, c'est déjà ça. Mais j'espère qu'on révisera les choses pour que ça devienne plus dur. Il n'a pas tué personne, sauf que ses gestes ont eu des conséquences sur la vie et la santé mentale de beaucoup de gens», affirme-t-il.
Assurant n'avoir jamais soupçonné la vaste fraude commise par son ancien patron, M. Paré aurait apprécié qu'on retrouve une part plus importante de l'argent subtilisé. «Ça me peine de voir les pertes encaissées», indique-t-il.
jean-francois.gagnon@latribune.qc.ca












