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Faire son nid au pays des ours noirs

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Amoureuse de la nature, Martine Beaupré raffole du... (Collaboration spéciale)

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Amoureuse de la nature, Martine Beaupré raffole du Yukon, un véritable paradis pour la chasse, la pêche, la randonnée, le camping et les paysages à couper le souffle.

Collaboration spéciale

Marie-Christine Bouchard

Marie-Christine Bouchard

(Sherbrooke) Dans la vie, il y a de ces événements qui nous poussent vers nos rêves, qui nous donnent l'élan nécessaire pour réaliser ce qu'on avait tendance à mettre en attente depuis trop longtemps. C'est ce qui est récemment arrivé à Martine Beaupré, qui rêvait depuis longtemps d'aller passer quelques mois au Yukon.

À 29 ans, la jeune femme attendait encore l'occasion idéale de se rendre à l'autre bout du pays. Et c'est la mort trop tôt survenue de quelques-uns de ses proches, qui, l'été dernier, l'a renvoyée face à ses rêves."Je me suis dit: Martine, tu vieillis, allez, arrête de repousser tes rêves et fonce! J'ai donc pris un mois de vacances et je suis partie avec mon gros sac à dos et ma canne à pêche au Yukon. J'avais tracé un itinéraire, mais il y avait beaucoup de place pour l'improvisation", explique celle qui est éducatrice spécialisée de formation.

Monitrice de français

Ce mois de vacances lui aura suffi pour ressentir un véritable coup de coeur, pour se faire de nouveaux amis et même pour décrocher un boulot... en moins d'une demi-journée!

"J'avais rencontré des Québécois sur place. Une de ces personnes travaillait comme monitrice de français pour le ministère de l'éducation du Yukon. Elle savait qu'un poste était libre et qu'on recherchait rapidement quelqu'un pour le combler à l'automne. J'ai envoyé mon CV, passé l'entrevue quelques heures plus tard et on m'offrait l'emploi tout de suite après", explique Martine Beaupré.

Sur le coup, la nouvelle l'a secouée. Certes, elle pensait depuis longtemps s'offrir une expérience unique dans le nord canadien, mais là, il fallait décider sans perdre de temps. Que faire?

"Allais-je laisser un emploi permanent au Québec dans une résidence pour personnes âgées, mon appartement, mes amis? J'avais la fin de semaine pour y penser."

C'est en remettant le pied à l'aéroport de Montréal que Martine Beaupré a eu le déclic: oui, elle quitterait le Québec pour une année complète. Peut-être même pour deux ans.

Paradis de la chasse

Quelques semaines plus tard, c'était le grand départ pour le Yukon. Il lui a fallu six jours de route pour traverser le Canada d'est en ouest, puis pour monter jusqu'à Whitehorse, au nord.

Depuis, Martine ne regrette absolument rien. Tout au contraire, elle raffole de sa nouvelle vie, elle qui est justement une grande amoureuse de la nature.

"Ici, on vit au pays des ours noirs. On voit des caribous, des gros orignaux, des renards; c'est un véritable paradis pour la chasse! La randonnée est très populaire parce que la nature est parfaite pour ça, mais il faut tenir compte de la présence des ours et ne pas oublier d'apporter son spray au cas où on en croiserait un. Le paysage, ici, se compose de lacs et de grosses montagnes partout. C'est vraiment extraordinaire comme endroit", explique Martine Beaupré, fort enthousiaste.

Des Yukonais accueillants

Et que dire des Yukonais? La jeune femme ne leur trouve que d'immenses qualités.

"Ces gens sont extrêmement accueillants et très sympathiques. Quand ils se rendent compte à mon accent que je ne suis pas anglophone, ils essaient tous de me parler en français. Vraiment, tout le monde ici est très ouvert à la langue française, j'en suis épatée. Je n'avais jamais vu un tel effort dans aucune autre province canadienne."

Rapidement après son arrivée, elle s'est même trouvé une colocataire par le biais d'une activité de dépannage commune au Yukon, le dog sitting.

"Comme les Yukonais ont beaucoup de chiens, ils trouvent des gens pour aller demeurer chez eux quand ils partent en voyage. Ça ne coûte rien à la personne qui habite chez eux, mais elle doit prendre soin des chiens en échange. C'est comme ça que j'ai rencontré ma coloc: j'ai fait du dog sitting pour elle, et à son retour, comme on s'entendait bien, elle m'a offert de demeurer avec elle."

Certes, Martine Beaupré raffole de son aventure. Mais quelque part en elle, elle sait qu'elle reviendra au Québec un jour ou l'autre.

"J'aime toujours autant mon Québec. Je vais revenir m'installer auprès de ma famille à la fin de mon contrat d'un an... ou après un deuxième contrat d'un an!" assure-t-elle.

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