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Dans l'univers de Yoland Bouchard

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Quand on entre dans la classe de Yoland... (Imacom Jocelyn Riendeau)

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Quand on entre dans la classe de Yoland Bouchard, on se glisse dans une intimité peu commune où l'enseignement de l'histoire n'est qu'un prétexte pour qu'une relation enseignant-élève se crée.

Imacom Jocelyn Riendeau

Geneviève Proulx

Geneviève Proulx

Pénétrer dans la classe de Yoland Bouchard, c'est entrer dans un monde unique. Dans un univers qui ne laissera personne indifférent. Qui marquera à jamais ces filles qui ont assis leurs fesses dans ce local du cinquième étage du Collège Mont Notre-Dame depuis 22 ans déjà.

Pas de techniques modernes d'enseignement. Pas de canon. Pas d'accès internet. Pas de smart board. Il n'y a que lui et ses paroles. Que toutes boivent avec un intérêt qui frise la religion.Tellement qu'elles seront des dizaines de filles à avoir embrassé des études universitaires en histoire, dont l'auteure de ces lignes, après être passées dans cette classe aux murs tapissés des grands qui ont marqué le temps: Che Guevara, John Lennon, Marx, Gandhi...

Mais comment fait-il pour faire aimer l'histoire, pour réussir à intéresser des adolescentes qui pourraient être beaucoup plus intéressées par les derniers succès de Keisha ou de Beyoncé, à des conflits mondiaux? Parce que pour faire comprendre le difficile conflit en Israël, pour saisir toute l'ampleur de la détresse humaine créée par les camps de concentrations allemands, il faut un don, un doigté particulier.

"Avant de transmettre un savoir, il doit y avoir un contact humain, une relation entre elles et moi. L'enseignement, c'est mon moyen de rencontre. Et puis, il n'y a pas de meilleurs enseignants que les élèves. Elles m'ont beaucoup aidé. Comme prof, il faut être à leur écoute", croit-il.

Alors Yoland Bouchard ne se contente pas de livrer sa matière et d'imposer de rigoureux examens à ses élèves. Il s'implique auprès d'elles: responsable du Talent Show et du comité du bal, l'enseignant de 50 ans a mis également sur pied une simulation de l'ONU qui réunira 60 élèves de six écoles cette semaine. "J'ai offert à des filles de venir me rejoindre le midi pour faire de la musique. Comme ça. Seulement pour le plaisir. Et ces moments de détente nous ont mené à enregis-trer un cd! C'est incroyable!" dit-il, impressionné.

Humble, il refuse complètement de s'accorder tout le crédit de sa réussite professionnelle. Même si l'an dernier, la faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke lui a décerné le prix de Prof Phare. "Sans cette école, je ne suis rien. C'est ce qui fait la force du Mont Notre-Dame, cette équipe. Sans mes collègues, je ne pourrais pas enseigner. Il y a de la passion ici comme tu n'en as pas idée! Des profs blasés, je n'en vois pas ici."

Il n'imagine pas le jour où il ne gravira plus les nombreuses marches le menant à sa classe. "Je quitterai quand je ne serai plus capable d'avoir une relation avec mes élèves. Quand ça arrivera, ce sera le temps de quitter..."

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