Mise au point par l'Américaine Marie Mongan en 1990, l'hypno-naissance consiste en une technique de relaxation au cours de laquelle les patientes apprennent à maîtriser leur corps et ainsi à repousser les peurs et le stress. L'état de détente dans lequel elles se retrouvent provoque la sécrétion d'endorphine, ce qui a pour effet de dilater plus aisément le col de l'utérus et d'engourdir naturellement les parties sensibles.
«Sécrétée naturellement par le corps, l'endorphine est 100 fois plus efficace que la morphine. Lorsqu'une femme se retrouve en état d'hypnose, elle se sent engourdie, un peu comme lorsqu'on va chez le dentiste», a expliqué Geneviève Labbé, l'une des rares praticiennes en hypno-naissance dans le sud du Québec.
Il est suggéré que les femmes qui désirent utiliser cette technique commencent à suivre des séances d'hypnose à compter de la 25e semaine de leur grossesse. Le programme consiste généralement en cinq séances d'environ 150 minutes au cours desquelles, la femme enceinte travaillera sa respiration et sur la visualisation de son accouchement. L'objectif de cette méthode consiste à dicter au corps la façon dont on aimerait que le tout se déroule.
«L'idée c'est de créer son accouchement afin que l'inconscient ne soit pas en mesure de distinguer le réel de l'imaginaire. Puisque le corps est déjà passé par là, il tente de reproduire l'expérience agréable qu'il a vécue auparavant», a ajouté l'infirmière de profession.
Même femme, deux expériences
Geneviève Labbé est mère de deux enfants et enceinte d'un troisième. Par conviction et parce qu'elle est persuadée que cette méthode est bénéfique tant pour la mère que pour l'enfant, elle a pris la décision que ces accouchements allaient être naturels.
Tout ne se passa cependant pas comme prévu lors de la naissance de son premier bébé. Malgré toute la bonne volonté du monde, elle succomba à la tentation et demanda à ce qu'on lui fasse une péridurale pour amoindrir le mal qui l'affligeait.
Afin d'éviter que la situation se reproduise une deuxième fois, elle a fait quelques recherches sur le Web et a fait la découverte d'une page donnant de l'information au sujet de l'hypno-naissance. Elle a suivi une formation à Montréal puis, avant de promouvoir la technique et de l'enseigner, elle l'a d'abord testé, avec succès, sur son propre corps.
Populariser la technique
Pour l'instant, Mme Labbé offre ses séances d'hypno-naissance à même une petite pièce aménagée pour l'occasion à son domicile. Elle aimerait toutefois qu'on en vienne à ce que l'apprentissage de cette technique soit inséré dans la programmation des cours prénataux.
Au cours des deux dernières années, la praticienne a développé d'intéressantes collaborations avec certains médecins et gynécologues. Reste toutefois beaucoup de chemin à faire puisque cette nouvelle technique ne fait pas l'unanimité chez certains professionnels plus conservateurs.
«L'hypno-naissance n'entre aucunement en compétition avec ce qui se fait actuellement dans le système de santé. Je ne fais que donner des outils supplémentaires aux femmes qui désirent accoucher naturellement», a-t-elle expliqué.
Maintenant qu'elle maîtrise bien la science de l'hypno-naissance, Geneviève Labbé aimerait bien explorer l'avenue de l'infertilité. Il semble effectivement qu'une autre technique développée par l'Hypnobirthing Institute permette de régler certains problèmes d'infertilité.
Pour plus d'information, il est possible de consulter le www.naissancedouceur.com.











