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Le concerto Fisher Price de Maxime McKinley

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Le concerto Fisher Price de Maxime McKinley

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Maxime McKinley

Steve Bergeron
La Tribune

Il y a eu Andy Warhol et ses soupes Campbell. Érik Satie et sa Sonatine bureaucratique. Et aujourd'hui, avec son concerto Fisher Price, le Sherbrookois Maxime McKinley fait un peu le même genre d'alliage entre art et consommation. Mais le compositeur de 29 ans réaffirme surtout son désir et sa liberté de s'inspirer d'autres artistes pour créer. Peu importe la discipline ou l'époque.

«Je ne suis pas du type de compositeur à faire table rase. Au contraire, je suis très ouvert au passé. En donnant le nom d'un produit de consommation à un concerto, je crée une forme de distorsion un peu ironique rappelant le pop art. Je pourrais aussi faire un lien avec Satie, qui utilisait des formes très classiques comme la sonate, mais donnait des noms excentriques à ses oeuvres.»

 

Dans son catalogue déjà bien garni, Maxime McKinley compte une bonne dizaine d'oeuvres inspirées de Riopelle, Kundera, Yourcenar, Lorca, Fellini, Nijinsky... La plupart figurent dans sa série des Wirkunst.

«C'est une sorte de mot-valise allemand. Il y a wir (nous), Kunst (art) et une ressemblance avec wirkung (impression). Ce sont des pièces où j'ai tenté d'exprimer les vibrations ressenties chez les oeuvres de ces artistes.»

Commande de Véronique Lacroix, directrice artistique de l'Ensemble contemporain de Montréal, le concerto Fisher Price est une oeuvre pour flûte et quinze instruments (essentiellement des vents). Thème imposé: l'enfance.

«Le titre a surgi très soudainement, sans doute à cause des trois percussionnistes, qui jouent de plusieurs petits instruments presque des jouets, tels la crécelle, la clave, le guiro. Il y a évidemment un côté ludique, voire humoristique au concerto. En répétition, les musiciens étaient morts de rire. C'est bon signe!»

La flûte à bec est aussi un instrument étroitement associé à l'enfance, mais attention! Ce ne sera pas une partie de plaisir pour le soliste Matthias Maute. «Il doit utiliser cinq flûtes différentes pendant l'exécution [la pièce dure douze minutes], dont un passage où il doit jouer sur deux en même temps. Mais il est tellement bon!»

Ceinture bleue en guitare

Ancien élève du Séminaire Salésien, Maxime McKinley se dirigeait vers une carrière en guitare classique lorsque le virus de la composition l'a contaminé. C'est un peu la faute de son ancien professeur de guitare au secondaire, Jean Paré, qui lui a un jour donné une cassette.

«Sur le côté A, il y avait un enregistrement de la pièce que je devais répéter. Mais sur l'autre, c'était du Pierre Boulez. Une pièce des années 1960. Du contemporain à la dure, vraiment d'avant-garde. Je ne me rappelle pas m'être dit que c'était bon ou mauvais. J'étais simplement et complètement fasciné.»

Maxime a donc terminé sa scolarité de niveau collégial en interprétation guitare, mais s'est tourné vers la composition au baccalauréat. «Ça me laisse un léger regret, car je sais que j'aurais pu pousser plus loin ma maîtrise de la guitare. C'est comme avoir une ceinture bleue au karaté. Mais la composition s'est imposée naturellement.»

 

BIOGRAPHIE

Né à Sherbrooke en 1979

Diplômé du Séminaire Salésien

Prix avec grande distinction du Conservatoire de musique du Québec à Montréal

Obtient une bourse du Conseil des arts du Canada pour étudier trois mois à Paris en 2007

Termine un doctorat en composition à l'Université de Montréal

Lauréat cinq fois au concours national Jeunes compositeurs de la Fondation SOCAN

Lauréat du concours de composition de l'Orchestre de l'Université de Montréal (2005

et de l'Orchestre symphonique des jeunes de Toronto (2006)

En lice pour le prix d'Europe 2009 en composition

 

Vous voulez y aller

Jardin féerique

Ensemble contemporain de Montréal et Ensemble de chambre McGill

Ce soir, 19 h 30

Salle Pierre-Mercure

300, boul. Maisonneuve Est, Montréal

Entrée: 25 $ (étudiants: 10 $)

Billetterie: 514987-6919

 

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