Tout feu, toute âme

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Imaginez que votre ordinateur mette des jours, voire des semaines, à... (Imacom, Frédéric Côté)

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Imacom, Frédéric Côté

 

Laura Martin
La Tribune

(Saint-Hyacinthe) Imaginez que votre ordinateur mette des jours, voire des semaines, à démarrer. Et lambine autant pour s'éteindre. Contrariant pour la culture d'amitiés Facebook, non? Et pour l'inspiration soudaine, qui n'a aucune patience.

L'outil de travail et de création de Diane Ferland prend exactement deux semaines à se mettre en marche. Son four n'atteint les 1225 degrés Celsius qu'après quatorze jours et en prend la moitié pour se refroidir. Une fois que le fer est chaud - et brûle hebdomadairement 500 $ en gaz propane -, aussi bien le battre!

Cette semaine, dans un rang à numéro de la Montérégie, dans un bâtiment caché derrière une ferme, la résidente de Racine était en pleine production. Boulangère pour qui aime sa baguette en cendres? Non, verrière. Ou sculpteuse de lumière.

«J'aime bien cette expression que j'ai vue la première fois dans un roman de Jeanne Bourin, Le Grand feu. Elle définit bien l'essence de mon travail. J'accroche la lumière, je la réfracte à ma guise, je joue avec elle. Le verre est une matière fascinante», exprime l'artisane, qui, quand la visite a cogné à la porte, coulait des trophées pour un organisme fédéral.

Qu'elle cite l'écrivaine française à la volée trahit son passé d'enseignante. Il y a quatorze ans, Diane Ferland déposait la craie et tournait le dos à la sécurité que lui garantissaient les écoles privées pour aller jouer avec le feu. Dans tous les sens du terme. Après une technique du verre au Cégep du Vieux-Montréal, elle investissait 100 000 $ pour ouvrir avec une partenaire L'atelier Cassandre, à Saint-Hyacinthe.

«Le verre coulé est une technique très rare. Pendant mon cours de trois ans, trois heures seulement y étaient consacrées. Puisque c'est une production qui coûte très cher, en équipement et en énergie, peu de gens osent s'y lancer. Je ne connais qu'un seul autre entrepreneur au Québec.»

À ce jour, ses créations décoratives éclairent les étagères de 120 points de vente au Canada et aux États-Unis, de Banff à Orlando. Les commandes corporatives, qui comptent pour le tiers de sa production, déboulent autant de la Banque Nationale, de l'Université Laval que du Cirque du Soleil. Son plus gros contrat, en quantité, elle l'a d'ailleurs obtenu cette année de Guy Laliberté, qui lui a fait pleuvoir 8000 gouttes en verre à offrir aux donateurs de sa Fondation One Drop. «J'ai entendu dire que Julie Payette en avait apporté une dans l'espace. Je ne sais pas si c'est vrai! J'aurais eu peur qu'elle éclate!» s'exclame la petite femme, étouffant un rire dans la manche de son chandail.

Lire la suite dans La Tribune samedi

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