«Puisqu'on finit tous par retourner d'où on vient, c'était un peu normal que moi aussi, je retourne, disons, six pieds sous rock!» dit-elle, hilare, en rappelant ses débuts dans le très électrique Osstidcho, il y a 40 ans. «Être accompagnée par un band, ce n'est vraiment pas la même chose que cinq musiciens. C'est un des plus beaux feelings que j'ai eus. Je me sens vraiment accotée. Et puis, ils en profi tent pour essayer de temps en temps une de leurs nouvelles chansons!»
Le lâcher-prise de Louise est tel qu'elle a laissé les gars d'El Motor choisir le menu musical du spectacle. L'orgueil de celle qui veut en montrer? Les exigences de l'artiste d'expérience qui ne concède rien? La peur de se faire donner des leçons par les benjamins? Tellement pas Forestier! Cherchez plutôt du côté de l'humilité, de l'abandon, de la collégialité, de la «mort à soi-même».
«Mourir à soi-même, c'est se donner la chance de naître une nouvelle fois, se permettre une seconde vie! On peut ainsi choisir de nouvelles couleurs et faire autrement», résume celle qui a justement remporté, avec ce disque bricolé sur de toutes nouvelles bases, un prix de l'Académie Charles-Cros.
«Comme me l'avait dit Jean-Pierre Ronfard, à l'École nationale de théâtre, un artiste, c'est quelqu'un qui cherche, qui trouve, qui essaie des choses et qui risque. Je pourrais rester à la même place, chanter toujours les mêmes chansons, je gagnerais peut-être 100 fois plus d'argent, mais j'ai compris un jour que ma vie personnelle était collée sur ma démarche artistique. Créer est une façon de me connaître, d'arriver à être bien dans ma peau.»
Gaucherie permise
Cinq ans après Lumières, Louise Forestier n'aurait pas fait de nouvel album si elle n'avait pas trouvé la bougie d'allumage: travailler avec son fils. Problème... Alexis était alors en Californie et Maman n'avait surtout pas envie de placer son fi ston dans une situation déchirante. Elle a donc attendu qu'Alexis décide lui-même de son retour pour lui proposer une collaboration.
«Je voulais qu'il revienne pour lui, par pour moi. Dans le fond, j'ai toujours su que nous pourrions travailler ensemble. Lui aussi devait s'en douter. Mais nous avons fixé les règles dès le début: pas question de se juger en cours de création. On ne lâchait pas une chanson tant qu'elle n'était pas finie. Après trois heures, nous la mettions dans le tiroir. Nous les avons ressorties trois ou quatre mois plus tard. Le tri s'est fait de lui-même.»
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