Sans électricité. Enfin, à peine quelques fusibles. Mais avec des musiciens caméléons capables de tout, qui ont permis le feutré comme le percutant, le bleu comme le rouge. Imaginez: un batteur qui joue aussi du violoncelle... en même temps (Larochellière l'a surnommé la pieuvre)! Vous le saurez si jamais le spectacle repasse par ici.
Bref, les succès pop rock passés de Luc ont passé la rampe aussi bien que sa douceur du plus récent opus. Avec quelques boules dans la gorge en prime.
La première est arrivée à la cinquième chanson, J'ai vu. Que de frissons, mesdames et messieurs! La guitare, appuyée du violoncelle et de la contrebasse loin sous la clef de fa, et la voix de Luc qui, après avoir cherché la bonne puissance au début, trouvait le dosage parfait. Même la mouche avait arrêté de voler pour écouter. On a vu aussi quelques nuques trembler lors de Tu m'as eu et Beauté perdue.
L'ambiance du spectacle aurait pu souffrir de contrastes mal calibrés, tellement les débuts de Luc de Larochellière se sont faits sur des accents rock. Mais non, ça marchait, en vagues toujours de la bonne amplitude.
Même faire suivre la roulante Avant nous (une chanson de son disque précédent) par Si fragile a fonctionné. Luc savait placer une histoire coussinée pour amortir les chocs. Dont cette délicieuse anecdote de salle d'attente de pharmacie. Ses premières interventions manquaient toutefois de matière. Les bonifier pourrait faire démarrer le train plus vite. Ajouter quelques choeurs serait aussi une voie à explorer.
Plus de détails dans La Tribune du 6 mars











