Dans la salle Le Tremplin, pleine à craquée, une brochette d'artistes colorés, connus et appréciés du public, a défilé pour une célébration sans fin qui a rapporté un magot évalué sommairement à 6000 $. Tous se disaient touchés par la cause. Et ils ont touché à leur tour. Si bien qu'une dame refusant de s'identifier a offert à elle seule la somme de 1000 $.
La coordonnatrice de l'école, Christine Fortin, en était très émue. «Il a fallu 20 minutes et la dame était conquise. Je suis vraiment fière, parce que ce qui l'a touchée, c'est aussi ce qui m'a touchée dans ce projet. Et c'est ça notre objectif: permettre aux jeunes de faire ce qu'ils aiment.»
Sur scène, une partie des 75 élèves de Jeunes musiciens du monde a ouvert la soirée. Le champion du monde de slam, le Sherbrookois David Goudreault, a aussi pris le micro. Revisitant son art sur la musique du trio Manouche, il a entre autres interprété une pièce portant sur le suicide.
«J'ai la croyance profonde que la résilience peut passer par l'art. Je l'ai constaté dans ma vie personnelle comme dans ma vie professionnelle. C'est une clé de voûte pour débloquer un tas de problèmes et trouver des solutions. La musique, c'est une sorte de prévention», confie-t-il.
Convaincu qu'il deviendrait un guitariste de renom, lui qui a reçu sa première guitare à l'âge de 8 ans, David Goudreault s'est finalement tourné vers l'écriture. Et il n'hésite pas à dire que la littérature lui a sauvé la vie. Dans les mots, il a trouvé un rempart qui peut aussi prendre une forme musicale. «C'est un mur entre le désespoir et l'individu...»
La chanteuse Stéphanie Blanchette, du groupe Jaune, n'aurait raté l'événement pour rien au monde. Parce qu'elle a joint récemment le corps professoral de l'école pour l'atelier de chant traditionnel. Et que l'amour des jeunes et de la musique l'y attirait.
«Je commence juste à les connaître, mais je suis tombée en amour tout de suite avec eux. Pour un enfant, c'est tellement gratifiant de se réaliser dans la musique. En les voyant, je me dis que c'est un peu pour ça que je fais ce métier-là. Je mets autant d'énergie dans la musique parce que c'est une passion qui est plus forte que tout. Les enfants, eux, la vivent à l'état brute.»
Texte complet dans La Tribune de samedi.