Puisque la catégorie ne comptait aucune nomination, le Victoriavillois ne s'attendait absolument pas à recevoir cet honneur, un premier titre pour le FIMAV sur la scène culturelle provinciale. En fait, il n'avait même pas prévu y assister, c'est Diane Labrosse, la directrice musicale de la soirée, qui l'a convaincu de se déplacer.
«Il a fallu qu'ils utilisent tout un stratagème pour que je vienne sans que je m'attende à recevoir un prix. Diane m'a dit que c'était important que je représente Victoriaville et le Festival afin de conserver un lien avec le milieu. Elle m'a bien eu», a-t-il raconté.
Habituellement habile communicateur, M. Levasseur a eu beaucoup de difficulté à trouver ses mots lorsqu'il a été appelé à discourir devant ses pairs réunis à la salle Claude-Champagne de Montréal.
«J'ai été pris de court. C'est vraiment énorme comme prix pour moi, ça représente beaucoup. D'habitude, je suis capable de bien me débrouiller devant les foules, mais là , je ne me souviens plus de rien», a-t-il dit.
Attribué en considération de la qualité de la programmation de la 25e édition du FIMAV, qui a eu lieu en mai dernier, cet hommage tombe à point, d'autant plus que l'événement fera relâche cette année afin de revoir sa façon de faire. Il agira telle une brise dans les voiles du Festival.
«On vient de nous dire que la musique actuelle n'était pas si loin que ça dans le coeur des gens. C'est la première fois que je sens une telle chaleur, on apprécie notre Festival et on croit à son importance pour la musique québécoise», a poursuivi Michel Levasseur.
Le directeur artistique a dit accepter ce prix avec beaucoup d'humilité. Il a notamment souligné l'apport de son équipe des Productions Plate-forme et surtout, des musiciens sans lesquels l'art n'existerait tout simplement pas.
Par ailleurs, M. Levasseur a indiqué qu'il était actuellement en négociations avec les principaux bailleurs de fonds du FIMAV, dont la Ville de Victoriaville, en vue de parapher des ententes triennales qui assureront la pérennité de l'événement. Une fois le financement bouclé, il s'attaquera à la programmation du 26e Festival qui aura lieu quelque part en 2010. Sans garantir qu'il sera le directeur artistique des 25 prochaines éditions, le lauréat a indiqué qu'il avait encore beaucoup d'énergie et qu'il fondait beaucoup d'espoir dans la suite des choses.
Malheureusement, aucune autre des cinq nominations de l'Estrie n'a obtenu la faveur du jury des prix Opus. Même pas le Centre d'arts Orford, qui avait pourtant trois nominations: deux pour le meilleur concert jazz ou musique du monde, avec le Joe Sullivan Big Band et Oliver Jones, et une pour le meilleur concert en région, encore une fois grâce au concert d'Oliver Jones. Ce sont plutôt l'ensemble La Nef et l'Orchestre symphonique de Québec qui ont remporté ces deux prix. Depuis 2005, le Centre d'arts Orford s'est vu remettre quatre prix Opus.
Le quintette Estria avec son disque Petite suite maritime a aussi dû s'incliner, devant les 24 préludes et fugues de Shostakovitch par le pianiste David Jalbert. Finalement, le prix du concert jeune public de l'année est allé à l'OSM plutôt qu'à l'Orchestre symphonique de Drummondville et ses Quelques pas dans l'univers d'Éva.
















