«Nous attendons maintenant leur réponse, en espérant qu'ils nous prêtent attention et nous donnent une chance», a déclaré le directeur général de l'usine, José Verrier.
En entrevue téléphonique hier, M. Verrier a expliqué que des membres de la direction envisageaient cette possibilité depuis quelques semaines déjà, après avoir pris connaissance des difficultés auxquelles était confronté le groupe Grafikom. L'annonce surprise de vendredi les a obligés à précipiter les choses.
Vendredi, Grafikom a averti la direction sherbrookoise qu'elle mettait la clef dans la porte de toutes ses installations, tant au Canada qu'aux États-Unis et au Mexique. Grafikom est en faillite. En après-midi, la direction a dû transmettre l'information aux employés. Quelque 120 personnes travaillent chez Grafika, en période de pointe. Vendredi, elles étaient une soixantaine à encaisser le choc.
«Une lettre d'intention a été immédiatement préparée et expédiée. Le syndic doit être au courant de cette offre d'achat», a précisé M. Verrier.
Si ce groupe de cadres de l'imprimerie Grafika, de Sherbrooke, est intéressé à se porter acquéreur de ces installations, c'est que, explique M. Verrier, ils savent bien que les difficultés financières de Grafikom ne sont pas dues à l'imprimerie sherbrookoise.
Situation saine
«Ici, on a eu un coup dur en début d'années mais les choses se sont replacées. Nous avons décroché de nouveaux clients. Nous pourrions conclure l'année de manière équilibrée (break even)», a rapporté M. Verrier.
D'ailleurs, la direction a été surprise que l'annonce survienne vendredi dernier alors qu'elle croyait que Grafikom attendrait au moins la publication, cette semaine, des résultats du trimestre, avant de prendre une décision.
«Mais les banques sont plus nerveuses ces temps-ci», a-t-il rappelé.
Grafikom est donc en faillite. Vendredi, un représentant du syndic était déjà sur place dans l'usine sherbrookoise. Il a demandé à toutes les personnes encore présentes, y compris le directeur général, de quitter les lieux. Les serrures ont été changées. Le syndic s'affairera maintenant à dresser l'inventaire des biens.
Selon M. Verrier, les cadres n'ont pas discuté avec le syndicat des employés, histoire de vérifier leur intérêt à se joindre aux acquéreurs, par la forme, par exemple, d'une coopérative de travailleurs.
«Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'intérêt de ce côté. Le groupe de cadres veut sauver cette entreprise-là. Il ne laissera rien de côté. Il ne crachera pas sur une aide qui pourrait venir des travailleurs, le cas échéant», a dit M. Verrier.
Du côté syndical, on se prépare pour l'assemblée générale des syndiqués qui est prévue pour jeudi. Le syndicat CSN a entrepris des démarches auprès du gouvernement et de la Société de développement économique de Sherbrooke (SDES), histoire de connaître toutes les options qui s'ouvrent maintenant devant les travailleurs sherbrookois de Grafikom.
Rappelons que Grafikom est un groupe spécialisé dans l'impression commerciale et numérique. Il possède huit imprimeries. Il procurait du travail à plus de 700 personnes.












