«Il est inacceptable en situation de crise que ça reste dans les cartons et qu'on ne passe pas aux actes!» lance sa présidente-directrice générale, Françoise Bertrand, de passage à Sherbrooke, mardi, dans le cadre d'une tournée des régions. Elle a participé à une rencontre éditoriale à La Tribune en compagnie de la directrice générale de la Chambre de commerce de Sherbrooke, Louise Bourgault, et du président de la chambre, Éric Bergeron, avant de prononcer une conférence devant les gens d'affaires de Sherbrooke.
«On est d'accord avec les programmes d'infrastructures. Ça permet de faire de belles conférences de presse, mais on a hâte de voir les grues!» ajoute-t-elle.
«(...). C'est unanime! (...). Tout le monde est inquiet, ça semble enlisé. On veut qu'ils prennent note de notre inquiétude. Ils nous disent qu'il faut faire les bons choix, que c'est une question d'arrimage, mais nous allons les rappeler à l'ordre de façon constante», prévient Mme Bertrand.
La Fédération a interpellé récemment le gouvernement de Stephen Harper, lui rappelant que ses annonces d'investissements ne se sont pas encore concrétisées.
Des déficits, oui, mais...
Françoise Bertrand signale que les chambres de commerce sont d'accord, pour une fois, avec les déficits de l'État, «mais pour lancer des projets et endiguer la crise».
«On s'est prononcé lors des consultations pré-budgétaires du gouvernement du Québec. On ne doit toutefois pas toucher au fonds des générations et on doit aussi préparer le retour à une meilleure réalité économique», ajoute-t-elle.
La pdg de la FCCQ estime par ailleurs que le moment est venu de rouvrir un débat public sur le financement et la tarification des services publics.
«Nous devons nous interroger sur le coût et le choix des services, si on en a les moyens? Notre responsabilité est de remettre ces questions à l'ordre du jour», dit Mme Bertrand, au sujet de ce dossier controversé, qui a déjà fait l'objet de rapports au gouvernement du Québec.
Elle rappelle que la fédération est contre le gel des tarifs, comme ceux de l'électricité, et propose des ajustements très modérés «pour ne pas mettre en péril nos entreprises».
Quant aux droits de scolarité, elle prône «une hausse modérée avec un ajustement des prêts et bourses».
Françoise Bertrand avoue d'autre part être demeurée sur sa faim à la suite de la conférence de l'ex-pdg de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, Henri-Paul Rousseau, lundi à Montréal, sur les pertes de l'institution. «J'ai apprécié la présentation, mais est-ce que je me suis sentie rassurée? Non. Il y a une question pédagogique, il ne faut pas juste trouver des coupables, mais comprendre la caisse», explique-t-elle.
«Et pour cela, il faut minimalement une commission parlementaire», pense Mme Bertrand.












