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Vente du Canadien: les intéressés sont avant tout des hommes d'affaires

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Gillett et le Canadien

Les dernières nouvelles sur le propriétaire du Canadien, Georges Gillett. »

Vente du Canadien: les intéressés sont avant tout des hommes d\'affaires

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Karine Levesque

Imacom, Maxime Picard

Josiane Guay
La Tribune

(SHERBROOKE) Les fanions bleu-blanc-rouge battent fièrement au vent. Les billets pour remplir, à chaque match, le Centre Bell trouvent preneurs en quelques heures. Les télés, HD ou non, sont branchées CH. Pas de doute, le Canadien occupe une place importante dans le coeur des Québécois. Ce qui n'incitera pas nécessairement les acheteurs potentiels de la célèbre franchise et de son amphithéâtre à ouvrir plus grand leur portefeuille.

«Ce sont en premier lieu des hommes d'affaires qui pensent rentabilité. Notre fibre québécoise ne les fait pas nécessairement vibrer», nuance Karine Levesque, directrice du département d'évaluation d'entreprises chez Raymond Chabot Grant Thornton & Cie à Sherbrooke.

 

Que le Tricolore fasse partie de notre patrimoine depuis maintenant 100 ans, qu'il soit la seule équipe professionnelle au Québec et qu'il jouisse d'une notoriété incontestée à travers cette ligue sont tous des facteurs positifs, mais qui restent de l'ordre qualitatif, explique-t-elle. «Oui, l'engouement des Québécois s'avère une forme d'assurance pour les acheteurs potentiels, mais le quantitatif joue pour beaucoup plus.»

Les chiffres, donc : 55 millions $ CAN en bénéfices combinés du club et de son domicile en 2008, selon Radio-Canada, pour une valeur estimée, l'automne dernier, à 414 millions $ CAN, selon le magazine spécialisé Forbes.

«On obtient 12,5 pour cent de rendement, ce qui est relativement raisonnable», estime l'experte en évaluation d'entreprises à la lumière des données qui circulent.

Obligé de vendre

Sa réflexion se transpose aussi à George Gillett, le propriétaire du Canadien à 80,1 pour cent - Molson Coors en possède 19,9 pour cent. Karine Levesque ne croit en effet pas qu'il aura un excès de bonté pour céder, à moindre prix, ses actifs à des acheteurs locaux. «En tant qu'homme d'affaires, lui aussi, il veut que le prix soit le plus élevé possible.»

«Sauf qu'il est obligé de vendre. Il a des termes majeurs à rencontrer en juillet - un prêt de 75 M $ et un autre de 637 M $ consenti à Gillett et son partenaire dans l'acquisition du club de soccer anglais Liverpool, Tom Hicks - et ça, tout le marché le sait.»

Dans ce contexte, le fait d'avoir intéressé le plus de monde possible - une dizaine d'acheteurs potentiels auraient conclu une entente de confidentialité pour examiner les livres comptables de l'équipe, selon La Presse - joue en sa faveur. «Il pourrait également aller chercher une plus-value en ciblant un acquéreur qu'on dit spécifique, c'est-à-dire qui sera capable d'aller chercher une rentabilité supplémentaire.»

Angelil ou Laliberté

René Angelil et Guy Laliberté, le propriétaire du Cirque du Soleil, étant déjà dans le monde du spectacle, pourraient par exemple tirer un meilleur profit du Centre Bell, au même titre que Quebecor le ferait avec son réseau de distribution. «Comme le fait les Maple Leafs de Toronto, l'équipe ayant la meilleure valeur de la Ligue nationale de hockey, avec le réseau Leafs TV», donne en exemple Karine Levesque.

N'empêche que le futur acquéreur regarda aussi le potentiel futur de bénéfices, enchaîne-t-elle. Et à ce niveau, il devra prendre en compte le contexte économique autant que les fluctuations du dollar canadien - la devise avec laquelle sont comptabilisés les revenus, alors que les dépenses le sont en dollars américains.

«Si la morosité économique persiste, les loges corporatives et les billets de spectacle risquent d'être les premières dépenses coupées», laisse entrevoir la comptable.

Les billets pour la première ronde des séries, eux, sont déjà soustraits au budget.

 

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