Devant la Commission sur l'étude des crédits budgétaires 2009-2010, le député de Shefford, François Bonnardel, a étalé des informations concernant la gestion des FIER Innovation et Croissance. Selon les données qu'il a soumises, des investisseurs estriens qui administrent ces FIER se retrouvent aussi sur certains conseils d'administration d'entreprises subventionnées.
Ceux-ci injectent un tiers de la somme tandis que le gouvernement provincial verse les deux tiers du total. «Je me pose des questions car c'est de l'argent des contribuables», dit-il.
Ainsi, les fonds d'investissement Corposana Capital (propriété de Jean Shoiry, Jean Pelchat et Alain Boissonneault), et Investisseurs FCD & FID (propriété de Gérald Couture, Normand Gautier, Charles Lambert et Éric Laroche) sont chargés de la gestion des FIER en question (NDLR: sauf Normand Gauthier).
En 2008, ces FIER ont versé plusieurs millions de dollars à des entreprises où siègent, par exemple, MM. Shoiry et Boissonneault.
«C'est un triangle dangereux, affirme M. Bonnardel. On voit qu'il y a un avantage à lancer une société d'investissement pour ensuite partir un FIER privé. L'argent est investi dans des entreprises où les investisseurs gestionnaires sont soit sur le conseil d'administration ou actionnaires des entreprises subventionnées.»
«C'est particulier, à l'heure où les questions d'éthique font partie du paysage du gouvernement. Les FIER privés ont remplacé les sociétés d'investissement Innovatech.»
Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, a pour sa part répondu qu'il pouvait arriver qu'un investisseur veuille prendre un siège au c.a. d'une entreprise dans laquelle il a versé de l'argent pour «pouvoir surveiller son investissement».
Il a ensuite souligné qu'il demanderait à Investissement Québec d'examiner la question.
Cette intervention survient au moment où on apprend que la FIER-Boréal du Saguenay-Lac-Saint-Jean a trop investi à l'extérieur de sa région. Un FIER (il y en a 44 au Québec) peut investir jusqu'à 49 pour cent à l'extérieur de la région qu'il dessert.
Rappelons par ailleurs que le nom de Jean Pelchat circule comme candidat à la mairie de Sherbrooke. Il n'a pas été possible de joindre M. Pelchat jeudi.
Le critique adéquiste en matière de Développement économique a aussi fait remarquer qu'en 2008, les FIER Croissance et Innovation avaient investi une importante portion de l'argent dans des entreprises situées à l'extérieur de la région. Ainsi, 69 pour cent des 12 millions disponibles, soit plus de 8 400 000 $, ont aidé des entreprises situées entre autres à Blainville, Lévis et Montréal.
C'est à ce moment que Jacques Daoust, le PDG d'Investissement Québec, a répondu que les FIER fautifs, dont ceux de l'Estrie, avaient été avertis par lettre de se conformer à cette règle. Ceux-ci disposent d'un délai pour respecter la règle.
«Nous avons demandé une copie de la lettre et la liste des FIER qui l'ont reçue, ajoute M. Bonnardel. «J'espère que nous allons la recevoir.»













