«Ce soir est une occasion de recevoir nos clients, nos partenaires et nos employés, et nous leur annonçons que le C.A. a pris une décision importante: celle d'un investissement d'un million de dollars qui retournent à la communauté, notamment par l'entremise de fondations», a amorcé Pierre Bélanger, président d'Emplois Compétences.
Ces fonds deviendront par exemple des bourses d'études, qui pourraient financer des stages pour des étudiants choisissant des métiers en pénurie. Sans compter qu'ils contribueront à leur tour, comme l'ont fait les deux millions de dollars investis depuis 1994, à offrir une main-d'oeuvre plus performante.
Pour la soirée, le choix de Laurent Beaudoin comme conférencier s'imposait. Et le directeur général d'Emplois Compétences, René Gendron, ne se gêne pas pour le justifier. «Dans le contexte économique morose actuel, il était à propos d'inviter une personne qui a vécu 1001 péripéties à travers les années pour qu'on voie qu'on doit continuer de travailler et de nous battre. C'est un message d'audace et de volonté.»
M. Beaudoin, étroitement lié à la création d'Emplois Compétences, n'a d'ailleurs pas raté la cible. D'entrée de jeu, il a rappelé que cette société privée était issue d'un contexte économique semblable au nôtre, alors que la guerre du Golfe faisait grimper le prix du pétrole.
«Pour la production de la motomarine, nous embauchions de 700 à 800 employés temporaires grâce à une agence de placement américaine, moyennant une compensation financière. Ce fut le déclencheur de la solution: créer une entreprise régionale de placement de personnel afin de récupérer les montants qui allaient à l'agence américaine.»
Des récessions, Laurent Beaudoin estime en avoir épongé au moins une par décennie. Sans compter les hivers sans neige ou les attentats du 11 septembre 2001, qui auraient pu le décourager. «Assurément, il fallait de la résilience et de la confiance pour absorber tous ces chocs qui ont jalonné notre parcours.»
Par exemple, quand est arrivée la crise de l'énergie, en 1973, M. Beaudoin s'est retroussé les manches. «Nous avons décidé de nous diversifier dans le transport en commun, en soumissionnant pour le contrat du métro de Montréal. Nous avons donc profité de cette demande créée par le contexte économique pour nous réorienter. Mais une opportunité, il faut d'abord la voir pour pouvoir la saisir. Cela demande une bonne dose de confiance en soi et dans l'avenir, une confiance qui nous permet d'avoir une certaine tolérance au risque.»
Enfin, Laurent Beaudoin a précisé que «la situation mondiale que nous vivons aujourd'hui repose essentiellement sur une crise de confiance de la part des consommateurs, qui se sont sentis trahis par les institutions et le système financier. Une surmédiatisation de la crise contribue à les insécuriser encore davantage, aggravant la crise par un effet boule de neige».
Mais sans les crises, «il est probable que Bombardier n'aurait pas donné à ses activités une telle ampleur»...











