Que se passe-t-il à Levinoff-Colbex?

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Que se passe-t-il à Levinoff-Colbex?

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François Gougeon
La Tribune

(Sherbrooke) L'abattoir Levinoff-Colbex, de Saint-Cyrille-de-Wendover, soulève de nouveau la grogne: cette fois un groupe de producteurs de bovins du Québec réclame de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec d'y mettre le nez.

«On veut que la Régie fasse une enquête complète et détaillée sur la gestion de l'abattoir. On trouve que les millions (de dollars) investis dans cet abattoir sont mal gérés et il n'y a aucune transparence de la part des administrateurs», résume un des porte-parole des producteurs, Jocelyn Dorion, de Lemieux, au Centre-du-Québec.

«Il y a eu trop de cachotteries depuis le début de ce projet-là. Lors de l'achat (en 2006), il y avait un prélèvement de 20 $ par tête de bovin de réforme vendu pour constituer un fonds de 6 millions $. Et puis ensuite notre Fédération (des producteurs bovins) nous a fait avaler un prélèvement de 53,86 $ par bovin, sans distinction, pour aller chercher un autre 30 millions $... C'est sans compter qu'on nous disait au départ qu'il en coûterait 20 à 22 millions $ pour construire un abattoir mais un spécialiste en agro-industrie et professeur à l'Université Laval, Jean-Philippe Gervais, a démontré que ça se faisait pour 10 millions. Là au bout du compte, il y a 50 millions $ investis dans l'abattoir, pour 80 pour cent des parts et il y aurait un déficit de 5 millions $ à chaque année», a notamment indiqué M. Dorion.

Son groupe d'une centaine de producteurs au départ aurait doublé en peu de temps et il y a des gens de toutes les régions du Québec qui réclament «l'heure juste et des chiffres complets sur la table».

Pour ces producteurs mécontents, la Régie des marchés agricoles du Québec dispose des outils nécessaires pour mener cette opération. Dans l'intervalle, les signataires de la requête également acheminée au ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, le 17 juillet dernier, réclament la suspension immédiate des prélèvements ou encore de les verser dans un compte en fiducie, le temps que la lumière soit faite. Aussi, ils exigent l'arrêt de toutes les procédures judiciaires entreprises contre les producteurs n'ayant pas effectué le paiement de leurs prélèvements.

Du côté de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, un porte-parole, Marc Nepveu, a indiqué que la décision ou non d'enquêter sera prise d'ici une semaine ou deux. «Nous sommes à analyser la requête des producteurs. Si on décide d'aller de l'avant, il faudra déterminer le type d'enquête qui sera menée et arrêter un calendrier de travail. La décision (d'enquêter ou non) devrait se prendre assez rapidement», a indiqué M. Nepveu.

Du côté de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, aucun responsable n'a retourné l'appel lancé par La Tribune en vue de connaître la réaction de l'organisme propriétaire de l'abattoir Livernoff-Colbex.

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