Le débat qui sévit à la suite de son passage à Lennoxville vendredi se transporte sur le front politique.
Dans une déclaration aussi brève que percutante, l'ex-président de l'Association libérale de Mégantic-L'Érable, Louis-Philippe Champagne, a vivement dénoncé les propos tenus par le chef du PLC.
«J'ai toujours appuyé les travailleurs de l'amiante dans leur lutte et je vais continuer à le faire», a-t-il déclaré pour expliquer son geste.
Dans le même ordre d'idée, l'actuel conseiller municipal du district numéro 6 à la Ville de Thetford Mines a affirmé tout de go qu'il appuyait le travail du député-ministre actuel de Mégantic-L'Érable, M. Christian Paradis, dans le dossier de l'amiante chrysotile tout comme il donnait son appui au travail du gouvernement Harper dans ce même dossier.
Louis-Philippe Champagne occupait le poste de président de l'Association libérale du comté de Mégantic-L'Érable jusqu'au 16 août dernier. Ex-candidate libérale dans Mégantic-L'Érable, Mme Nicole Champagne lui a succédé.
Rappelons que Michael Ignatieff a affirmé que l'industrie du chrysotile n'avait aucun avenir et que le Canada devait cesser d'exporter l'amiante chrysotile pour le bien de la planète.
Lettre à Charest, Marois et Duceppe
De plus, les présidents-directeurs généraux des deux mines québécoises, MM. Simon Dupéré de LAB Chrysotile et Bernard Coulombe de Mine Jeffrey, demandent aux politiciens du Québec de réaffirmer leur appui à la politique d'utilisation accrue, sécuritaire et responsable du chrysotile, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale en juin 2002.
Dans une lettre envoyée mardi au premier ministre Jean Charest, à la chef de l'Opposition officielle, Pauline Marois, à la chef du deuxième groupe d'opposition, Sylvie Roy et au chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, les deux hommes d'affaires s'en sont pris «aux déclarations du chef du PLC, qui remettent en question la survie de l'industrie québécoise du chrysotile et l'avenir économique et social des communautés de Thetford Mines et d'Asbestos».
MM. Dupéré et Coulombe saluent à la fois la déclaration favorable à l'utilisation sécuritaire du chrysotile du premier ministre du Canada, Stephen Harper qui, lors d'un passage à Thetford Mines le 30 juillet dernier, a réitéré l'appui de son gouvernement.
Ils apprécient aussi la prise de position du ministre fédéral des Travaux publics et Services gouvernementaux, Christian Paradis, qui a défendu fermement, par voie de communiqué, l'approche traditionnelle du Canada en matière d'usage sécuritaire pour l'ensemble des métaux et minéraux et plus spécifiquement d'appui à l'utilisation sécuritaire et responsable du chrysotile.
Chambre de Commerce et d'industrie
Enfin, au nom des membres de la Chambre de Commerce et d'industrie de Thetford Mines, le directeur général de l'organisme, Louis Thivierge, a ajouté sa voix au concert de protestation concernant les déclarations de Michael Ignatieff.
«Nous trouvons déplorable qu'un politicien qui aspire à devenir premier ministre du Canada s'en prenne à nos travailleurs, à nos entreprises, à nos régions. Le chrysotile a contribué à la prospérité de notre région et à celle du Canada. M. Ignatieff devrait cesser d'avoir une attitude aussi radicale à notre endroit. Oublier que le Canada est un pays de ressources naturelles, c'est faire preuve d'une myopie politique dangereuse», de conclure M. Thivierge.
Ce dernier a poursuivi en faisant remarquer que les industriels de notre région et d'ailleurs au Canada doivent utiliser tous les jours dans leurs procédés des substances, des matériaux et des outils qui peuvent présenter des risques pour la santé et sécurité des travailleurs













