La compagnie Centree, une filiale du groupe China Dalian International Corporation, vient d'en aviser le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe.
La raison?
«Il m'ont indiqué que leur conseil d'administration a décidé que leurs investissements se feraient exclusivement en Chine pour la prochaine année», explique-t-il.
Un groupe formé de dirigeants de la compagnie, ainsi que de comptables et d'ingénieurs, devait se pointer le 24 août, mais s'est désisté.
«On était en négociations, on avait reçu un document de 10 pages sur la vérification diligente (titres de propriété, litige éventuel et valeur des actifs), pour compléter la transaction», affirme M. Coulombe.
Le projet de 50 millions $, dont 40 millions devait provenir des partenaires chinois et 10 millions $ de Mine Jeffrey, visait à compléter les travaux de la mine souterraine et sa mise en exploitation à compter de 2011.
Plus de 130 millions $ ont été investis dans cette mine à la fin des années 90.
À la fois surpris et passablement contrarié, Bernard Coulombe dit mal s'expliquer la volte-face de ce partenaire avec qui il était en contact régulier depuis près d'un an.
«Je me suis rendu en Chine et les Chinois sont venus ici deux fois; on a échangé beaucoup de documents et d'informations, on a travaillé très fort depuis février dernier», dit le président de Mine Jeffrey.
«Ce qui me surprend, c'est qu'ils en étaient à signer les conventions d'actionnaires et la souscription pour l'achat d'actions», ajoute-t-il.
Sans s'en prendre directement au chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, M. Coulombe juge que la mauvaise presse sur le chrysotile a pu nuire à la transaction.
«Déjà, ils (les Chinois) se questionnaient sur le bannissement possible de l'amiante», rappelle-t-il, soulignant que le personnel de l'ambassade de Chine lit les journaux canadiens.
M. Ignatieff a déclaré il y a 10 jours à l'université Bishop's que le Canada doit cesser ses exportations de chrysotile, sur la base d'études, contestées par l'industrie, selon lesquelles ce produit est dangereux pour la santé.
Ces propos ont déclenché des réactions virulentes de la part de l'industrie, des syndicats, des députés de la région et de l'Institut du chrysotile.
Selon eux, ce minerai, exporté en Asie pour la fabrication de conduites d'eau et de toitures, notamment, peut être utilisé de façon sécuritaire.
L'industrie compte des centaines d'emplois à Thetford Mines et Asbestos.
Il y a quelques jours, deux députées conservatrices fédérales, Dona Cadman, de Colombie-Britannique, et Pat Davidson, de l'Ontario, ont réclamé l'arrêt des exportations de l'amiante chrysotile.
Le gouvernement Harper a pourtant comme politique officielle de défendre et de promouvoir une utilisation sécuritaire de ce produit.
Bernard Coulombe n'abandonne toutefois pas son projet: «Ça ne veut pas dire que c'est fini! Je travaille avec deux groupes importants, dont un a son siège social à Toronto, pour investir».












