Bombardé de questions et d'injures de la part de personnes qui lui avaient fait confiance, Rivard a répété qu'il n'avait plus aucune trace de l'argent qui lui avait été prêté sur une période de plus de dix ans.
«L'argent de ces emprunts a servi à payer du capital et des intérêts, point», a expliqué le notaire Rivard qui a répliqué «appelez ça comme vous voulez» à la possibilité qu'il ait constitué une pyramide de Ponzi.
Jamais il n'a affirmé avoir emprunté de l'argent à ces créanciers sous de fausses représentations.
«Je disais que j'avais un investisseur sérieux et que je garantissais le prêt. L'investisseur sérieux, c'était moi», a admis Jean-Pierre Rivard lorsque questionné par Me Alain Thivierge qui représente une quarantaine de créanciers impliqués dans cette faillite aux allures de fraude.
Le rapport du séquestre officiel de la loi canadienne sur la faillite fait état que le notaire Rivard ne dispose d'aucun actif ou somme d'argent. Rivard attribue sa faillite à un enchaînement d'emprunts réalisés à la suite d'une mauvaise publicité causée à sa pratique notariale. Une faute faite lors d'une succession au début des années 2000 aurait causé ces difficultés.
Plusieurs créanciers ont remis en doute la version du notaire Rivard de manquer de travail, ce qui expliquerait ses problèmes financiers.
«Il n'avait presque pas de frais fixes pour faire rouler son bureau. Il ne cessait de nous dire qu'il était débordé. Nous allons tenter de retrouver la trace de ces 4,7 millions $», explique l'un des créanciers, Jean-Guy Veilleux.
«J'espère que l'enquête pourra trouver ses actifs non déclarés ou des biens transférés à des membres de sa famille (...) Il faut que les lois soient plus sévères pour les bandits en cravates», ajoute un autre créancier du notaire Rivard, Yvan Roy
Insolvable en 2006
C'est à partir de 2006 que Jean-Pierre Rivard aurait commencé à se sentir insolvable. Il affirme avoir continué à emprunter de l'argent afin de pouvoir rembourser capitaux et intérêts d'autres emprunts réalisés à d'autres tiers à qui il avait promis des taux d'intérêt d'environ 20 pour cent.
Le syndicat poursuivra son travail au cours des prochains mois pour trouver des actifs afin de pouvoir rembourser les créanciers.
«Nous allons continuer à vérifier qu'il n'y a pas d'actifs. La Sûreté du Québec fait aussi enquête de son côté sur les façons de procéder de Jean-Pierre Rivard lorsqu'il effectuait ses emprunts. Ils vont déterminer s'il y a eu des gestes frauduleux ou des emprunts sous de fausses raisons», explique le syndic Pierre Guay.
La SQ doit faire des vérifications sur les prétentions de remboursements en capital et en intérêts avec une liste fournie par Jean-Pierre Rivard.
«Dis-nous le où est passé notre argent. Est-ce que notre argent est rendu au Mexique au nom de tes enfants?», a lancé un créancier Roger Croteau.
Au cours du mois de sa faillite en août, le notaire de Magog a contracté pour environ 400 000 $ d'emprunts auprès de personnes qui lui avaient déjà prêté de l'argent.
«On ne sait pas ce qu'il faisait avec l'argent qu'on lui donnait. Il n'a cessé de me harceler pour avoir de l'argent», explique Michel Germain.
«Ce n'est plus un ami, mais un ennemi. C'était mon notaire avec qui je faisais affaire depuis de nombreuses années. Je lui ai même prêté de l'argent avant sa faillite pour qu'il paye sa carte de crédit. Je veux des preuves de cela», demande Yvan Roy.
Comme toutes les personnes qu'il représente, Me Thivierge déplore l'attitude désinvolte de Jean-Pierre Rivard lors de l'assemblée des créanciers.
«Il semblait ne pas se sentir concerné avec son petit sourire en coin. Il faut se demander si 128 personnes peuvent mentir ou bien une seule», demande Me Thivierge.
«Il riait de nous dans notre face. Il aurait pu avoir la décence de ne pas rire. Je ne connais personne qui a fait de l'argent avec lui», mentionne Jean-Guy Veilleux, un autre créancier floué.


René-Charles Quirion" title="" />







