C'était la «journée nationale du crédit communautaire», jeudi, et le Réseau québécois du crédit communautaire a souligné le tout à Québec, en réunissant divers entrepreneurs qui ont réussi grâce à ce microcrédit de 5000 $ et le suivi d'affaires qui l'accompagnait. L'ex-président Claude Béland, du Mouvement Desjardins, présidait l'événement.
Parmi eux, on remarquait un Sherbrookois qui en a bénéficié il y a 14 ans, Ugo Beaulieu. Il a touché un petit prêt de 5000 $ pour mieux lancer sa petite entreprise de vente et remplissage de cartouches d'imprimantes, de même que de vente, réparation et entretien d'imprimantes.
Copropriétaire avec Claude Roussel de La Cartoucherie, M. Beaulieu est aujourd'hui à la tête d'une entreprise qui a deux succursales (Sherbrooke et Québec) et qui compte 17 employés.
«On a conçu notre plan autour des faiblesses des concurrents, par exemple sur les heures d'ouverture, l'usage des produits recyclés, et avec la connaissance de nos produits, se rappelle Ugo Beaulieu. On a notre place. On avait un créneau laissé vacant. Notre but est de rendre le produit enviable.»
Au fil des ans, l'entreprise s'est bien réseautée. M. Beaulieu s'est entouré de mentors, il est «en gestion de croissance» et il n'a plus de problème de crédit. «C'est facile d'aider une entreprise florissante», note-t-il.
Le prêt du Cercle d'emprunt de l'Estrie doit être remboursé en cinq ans, mais «on a remboursé les 5000 $ en dedans de six mois», se rappelle Ugo Beaulieu.
Autre exemple
Mélanie-Alexandra Beauchamp, une spécialiste du graphisme, des arts visuels et de l'illustration, vient quant à elle tout juste d'obtenir son emprunt de 5000 $, après avoir suivi une formation chez Pro-Gestion Estrie. Elle était pourtant à son compte depuis quatre ans.
Efficace en enseignes, dépliants, logos, sites web, cartes d'affaires, et identité d'entreprise, il lui fallait un plan d'affaires. «Je viens de finir la démarche du cercle d'emprunt en me construisant un plan d'affaires, sur près de trois mois. Je suis moins éparpillée. Je ne veux pas aller surtout en marketing. J'ai rencontré quelqu'un pour faire ça.»
«À tous, je dis vous devriez faire cette démarche. Il y a un côté organisation nécessaire à l'entreprise. Il y a la logique et le côté créatif. Il faut prendre tout ça et le rendre rentable. Avec la démarche de Pro-Gestion, on est obligé d'avoir des objectifs clairs. Ici, t'es pris en charge. Moi, j'avais une lacune côté prospection.»
«Les 5000 $, c'est pas beaucoup, mais c'est assez pour aider à produire du matériel de promotion par exemple, le temps d'avoir des contrats», ajoute l'infographiste.
Plus qu'un prêt
«C'est plus qu'un prêt qu'on accorde, souligne Nicole Bergeron. C'est aussi un processus d'affaires par lequel on permet au candidat entrepreneur d'avoir une démarche structurée, d'étudier son marché, de ne rien laisser au hasard, de se rendre compte qu'il n'est pas seul. Et avoir un crédit de 5000 $, c'est peu, mais parfois ça peut être un levier pour avoir un autre financement.»
«Aller chercher de l'aide, c'est ce qu'ils ont fait. Ce sont des créateurs de richesse. Le Québec n'est pas nécessairement tissé de grandes entreprises. Les 5000 $ qu'on accorde permettent de monter une marche. Et après, si t'es passé par le Cercle d'emprunt, t'as un historique de crédit. Certains, dans la démarche, décident de ne pas aller de l'avant», fait cependant remarquer Nicole Bergeron.
«Avec nous, l'accompagnement et le suivi font une différence», observe-t-elle. «Nous sommes souvent la seule et unique porte qui leur est ouverte», soumet-elle en faisant allusion aux institutions financières qui s'intéressent davantage aux gros comptes. «Pour nous, ce ne sont pas des ratios, ce sont des individus qui peuvent créer de la richesse.»
«Nous réclamons 16 millions pour le crédit communautaire sur cinq ans à travers le Québec», ajoute Mme Bergeron. «Il y a possibilité que le Cercle d'emprunt soit transformé en fonds d'emprunt. On pourrait accorder plus de 5000 $, et aider plus d'entrepreneurs, plus rapidement. Le Réseau québécois de crédit communautaire a identifié l'Estrie comme endroit à prioriser.»
«Le but est que ce soit applicable et rentable», rappelle Stéphanie Coiteux, conseillère en gestion responsable du Cercle d'emprunt de l'Estrie.











